Nous voici donc de retour pour la 62ème édition du plus important festival de cinéma de Suisse. Comme à l’accoutumée, des réalisateurs des quatre coins du monde se sont donnés rendez-vous dans cette petite ville coincée entre montagnes et lac, afin de donner au public une nouvelle vision du monde actuel.
Cette année, le festival endosse un nouveau rôle plutôt particulier, et ce pour des raisons politiques et administratives. Tout d’abord, Frédéric Maire signe cette fois sa dernière programmation, puisqu’il rejoindra dès cet automne la Cinémathèque de Lausanne. Il s’agit alors de laisser une bonne impression de ces quelques années passées en sa compagnie. Ensuite, c’est le départ de Pascal Couchepin du Conseil Fédéral, alors qu’il s’occupait justement de la culture, qui apporte un nouveau regard sur la région tessinoise. En effet, un représentant de la région qui apporte chaque année à la Suisse son festival international ne serait guère étonnant. Marco Solari est d’ailleurs attendu au tournant. Enfin, ces derniers temps, beaucoup de critiques fusent au sujet de Monsieur Cinéma, Nicolas Bideau, et on attend tous de voir quelle sera sa nouvelle idée pour promouvoir le cinéma suisse après le cahier de stickers à collectionner de l’année passée. Toutes ces raisons font que les médias vont s’intéresser plus qu’à l’accoutumée à ce festival.
Mais heureusement, Locarno ne se limitera pas qu’à ça. Ceux qui parviendront à se trouver une place parmi les politiciens, journalistes et officiels sur la Piazza Grande pourront y admirer une très grande variété de films, gardant cette tradition de faire une sorte de résumé des différentes sections. Cela va de la comédie romantique américaine au voyage initiatique dans des contrées lointaines, en passant par quelques films d’animation japonais. En effet, le Japon est cette fois-ci à l’honneur, et plus particulièrement les dessins animés de style manga, souvent considérés comme de simples produits pour la jeunesse. Ce sera donc la bonne occasion de prouver le contraire. Et pour ceux qui resteront sur leur faim, la section Manga Impact sera là pour les contenter, avec aussi bien des films que des épisodes de séries.
La Compétition Internationale semble comme d’habitude plutôt bien équilibrée, et nous feront la revue de tous ces films au cours de la semaine.
Autre invité d’honneur, bien que moins mis en avant que le Japon, c’est la Chine à laquelle se consacre la section Open Doors, et qui investit également plusieurs autres sections du festival. Comme pour y faire contrepoids, le film de clôture se passera au Tibet, à la recherche d’un instrument de musique perdu après l’invasion chinoise.
Avec un programme comme celui-là, nul doute qu’on trouvera un public très diversifiés dans les nombreuses salles de Locarno.