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Swiss Shorts Films Competition

· Swiss Shorts Films Competition Un couple qui se mélange, un enragé du scotch, un magicien à côté de la plaque ou encore un cow-boy oracle : autant de personnages issus de la sélection suisse de courts métrages, en compétition pour le Prix H.R.Giger "Narcisse" du meilleur film helvétique. Dix films retenus parmi une centaine de prétendants : le tri a été impitoyable. C’est le souci de diversité qui s’est avéré décisif, ont expliqué les organisateurs. Excellente surprise : la sélection retenue s’avère globalement très relevée. Parmi les films en lice, l’on est bluffé par une véritable perle, "Vincent le Magnifique" de Pascal Forney, certainement la réalisation la plus aboutie formellement. Servi par des comédiens convaincants (le réalisateur s’est même adjoint les services de deux grands noms du cinéma français, Jean-Claude Dreyfus et Didier Flamand), le film séduit par un humour noir ravageur et une conclusion très réussie. Autre motif de réjouissance, l’animation tient une place prépondérante au sein de cette sélection. La pâte à modeler est ainsi à l’honneur dans "Il Davos Capetel" de Carla Hitz, tout comme dans "Sainte Barbe" de Cédric Louis et Claude Barras : la première fois de manière un brin maladroite pour relater la quête de silence d’une mère au foyer ; la seconde, beaucoup plus convaincante, décrivant la nostalgie d’un petit garçon pour la barbe de son grand-père décédé. La 2D n’est pas en reste, avec notamment "Die Seilbahn" de Claudius Gentinetta et Frank Braun, où un vieillard en perdition s’en remet à du ruban adhésif dans une télécabine rouillée. De son côté, "Room 57", de Florian Birrer, court métrage de deux minutes à peine, n’a pas le temps de convaincre avec son récit futuriste à base de prostituée électronique. A noter encore les belles animations de tatouages dans le très sensuel "Dans la peau" de Zoltán Horváth, vision onirique du plaisir charnel. Parmi les films plus "traditionnels", l’on retiendra "Rien ne va plus" de Gregory Bindschedler (le récit intrigant d’un cow-boy alpin doué de prémonitions) et "Le poisson" de Lionel Rupp (allégorie sur la suffocation dans un monde aseptisé). Mais, dans les deux cas, de sérieux problèmes de rythme viennent desservir le propos. Ce qui n’est pas le cas de "Monsieur Sélavy" de Peter Volkart, sans conteste la réalisation la plus abstraite de la sélection. Un film qui pourrait remporter la timbale si le jury ne se montre pas trop cartésien. Enfin, le western gore d’Olivier Béguin "Dead Bones", tourné entre l’Espagne et la Suisse, très prometteur sur le papier, laisse un sentiment d’inachevé. Malgré l’apport d’acteurs américains et des moyens plutôt confortables, cette rencontre entre "Il était une fois dans l’Ouest" et "La Colline a des yeux" accumule les maladresses et laisse plutôt de marbre. C’est le jury SSA/Suissimage qui doit désigner l’œuvre qui succédera au palmarès "City Wasp" de Stephan Wicki et Steven Tod, primé en 2007. Cette année, le jury est composé du réalisateur valaisan Denis Rabaglia (Président), de la réalisatrice genevoise Izabela Rieben et de l’artiste-plasticien vaudois François Junod.
Par Baptiste Ruedin – le Samedi 5 Juillet 2008
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