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Gore Factor: lieu de tous les possibles.

· A l'abri de l'ombre menaçante des multiplex lausannois, au fond d'une ruelle peu engageante, se terre le Zinéma, petite salle pleine de charme qui - pour la durée de cette dixième édition du Luff - sert de sanctuaire à des productions aussi licencieuses que dangereuses pour l'intégrité mentale du spectateur.
Les deux salles intimistes accueillent d'une part les travaux de Maria Beatty, d'autre part un échantillon de ce qui se fait de plus malsain dans le paysage cinématographique depuis qu'Herschwell Gordon Lewis piétina les convenances et les interdits imposés par le milieu puritain des années soixante.

La programmation de ces deux genres (le pornographique et le gore) au sein d'un même lieu n'est pas sans rappeler leurs débuts historiques. Tous deux se sont développés à partir des années septante au sortir de plusieurs décennies de conformisme durant lesquels le respect des normes, du bon goût et de la morale étant de mise ne pouvaient que provoquer une réaction explosive de la part de nouveaux réalisateurs lassés de devoir s'astreindre aux crétineries imposées par le code Hays (les baisers étaient chronométrés et il suffisait d'une seconde pour qu'un plan romantique ne se transmute en image décadente, promise à la censure).
Ces deux genres ne trouvaient alors leur place qu'en périphérie, et, curieusement, ces petites salles jonglaient entre film à caractère pornographique et cinéma gore afin de contenter un nouveau public, une assistance aux goûts "déviants".
Ainsi, les salles du Zinéma ne font que souligner cette concomitance et l'ambiance qu'elles dégagent ne peut que convenir à merveille pour ces catégories présentes au Luff. En effet, l'exiguïté des lieux, la distance minime séparant le spectateur de l'écran et cette atmosphère secrète accentuent davantage le voyeurisme commun à ces genres qui exposent au regard ce qui ne saurait être contemplé.

Compilant quatre films sortis entre 2010 et 2011, le "Gore Factor" comprend deux productions américaines, une nippone et une française toutes plus sanglantes les unes que les autres. Petit tour d'horizon.

Calibre 9

Ce film d'action est une satire politique servi par des acteurs convaincants. Un jeune urbaniste au service d'un  maire sadique, égocentrique et cruel pour qui politique rime avec profit personnel se retrouve en possession d'une arme à feu habitée par l'esprit d'une prostituée récemment assassinée. S'enfonçant peu à peu dans une situation inextricable, cet improbable duo devra se frayer un chemin pour abattre le maire et toute une clique de politicard afin d'assainir l'avenir des banlieues françaises.
C'est nerveux, brutal, trash et sanglant, le tout reposant sur un montage maîtrisé et au rythme soutenu. Formellement, Calibre 9 est sans conteste le film le plus maîtrisé de la catégorie, mais également le moins  tordu (ce qui pourrait constituer une tare pour certain).


Chop

Les choses se corsent.
Un psychopathe poursuit un malheureux automobiliste victime d'une panne. Lance Reed (la malheureuse victime) est harcelé par un sale type, extrêmement rancunier, décidé à lui pourrir la vie. Foncièrement débile, ce film est mal réalisé, surjoué et ne prête à rire qu'en de rares moments. Par exemple, les quelques scènes où Lance se réveille et constate avec une tête d'ahuri qu'on lui a amputé un membre pendant son sommeil.
Impuissant face aux événements qui l'accablent, Lance passe de la colère à la résignation jusqu'à comprendre les motivations de son persécuteur. Si vous avez le rire facile, tentez l'expérience.



Horny House of Horror

Ce huis-clos japonais se déroule dans un bordel hors du commun. Quiconque s'offre les services des dames y travaillant est condamné aux pires des souffrances. Horny House of Horror est ce genre de film que l'on gardera en mémoire bien malgré nous. La première scène suffira à dégoûter certains des sushi pour un temps indéterminé et fera réfléchir les habitués de tels lieux. Entre effusion de sang et délire castrateur ce mélange entre film cochon et expérience gore est marqué par un second degré assumé. On ne peut conclure cet article sans mentionner la mort originale de l'une des prostituées...pour ne pas vous priver de la surprise disons simplement que ça en met plein les yeux...


The Taint

Dégueulasse, misogyne, grotesque, gratuit, stupide, barré, vomitif, complètement fou!
Les superlatifs sont innombrables pour définir ce film complètement décalé et incroyablement macho.
Le début reprend les ficelles d'un film de zombie. Ici, l'eau est contaminée ce qui a pour conséquence de transformer les hommes en brutes de la pire espèce n'ayant qu'une idée en tête...éclater la tronche à toute femme se trouvant sur leur passage. Mais ce n'est pas suffisant! Ces "monstres" guidés par des pulsions autant sexuelles que destructrices ont la fâcheuse manie de s'avancer vers leur victime, le sexe ensanglanté et crachant des hectolitres de sperme.
Incroyablement dégoûtant, amoral et d'une connerie sans nom ce sommet du mauvais goût, porté par des "acteurs" sans aucun talent ne laissera personne indifférent.
Par Jonathan Carballo – le Jeudi 20 Octobre 2011
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