· Aujourd'hui, au deuxième jour de la soixantième Berlinale, le dernier film de Roman Polanski, The Ghost Writer, a été projeté en première mondiale. Les acteurs Pierce Brosnan, Ewan McGregor et Olivia Williams se sont déplacés à Berlin sans le réalisateur, toujours retenu en Suisse en attendant la décision que prendra ce pays sur la demande d'extradition posée par les États-Unis.
S'il a lieu, le procès intenté contre Polanski il y a plus de trente ans pour agression sexuelle sur mineure pourrait faire du Ghost Writer un film d'adieu. Ce serait laisser le réalisateur sur une oeuvre majeure qui, non sans auto-ironie, dépeint un homme public poursuivi par les médias et menacé d'une lourde peine dans son pays d'origine. En tout cas, les premiers spectateurs n'ont pu regarder The Ghost Writer sans que les événements d'actualité liés à Polanski ne filtrent partiellement leur appréciation.
Les responsables de la Berlinale, souhaitant éviter toute prise de position dans l'affaire Polanski, ont choisi de ne pas projeter The Ghost Writer à l'ouverture du festival. Or, le film est en lice dans la compétition internationale et, indépendamment de la question Polanski, retiendra l'attention du jury par sa grande qualité. Est-ce qu'offrir l'ours d'or au Ghost Writer serait une décision trop dangereuse à prendre, vu les circonstances ou, au contraire, serait-ce le moyen, pour le monde du cinéma et des festivals, de soutenir un grand artiste au moment où il risque gros? Difficile de prévoir la part du facteur politique dans les décisions du jury.




