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Nifff 2011: Eli Roth, invité d'honneur!

Avec sa gueule d'ange, on lui donnerait le bon Dieu sans confession. Et pourtant, l'invité d'honneur de cette 11ème édition du NIFFF n'est rien d'autre que le réalisateur de Cabin Fever, Hostel et Hostel 2. Autant de films qui traitent de la torture, du sadisme, de la maladie, de la peur, de la délinquance ou de la prostitution. Et on s'arrêtera là. Eli Roth excelle en effet dans le genre gore et horreur, au point de même interpréter, devant l'objectif, le rôle d'un grand malade, puisqu'il fait partie de la fine équipe des Basterds dans le dernier Tarentino (Inglourious Basterds), en la personne du Sergent Donny Donowitz, alias "L'Ours Juif".

Durant une conférence d'une heure, Eli Roth est revenu sur son parcours, son amour du cinéma et ses projets. Quelques extraits exclusifs:

Jeunesse:

  • « J'avais 8 ans quand j'ai dit à mon père que je voulais être producteur de films. Il m'a répondu que producteur, c'était là le rôle du type qui trouvait l'argent pour réaliser un film. Quand je lui ai demandé ensuite qui était le « Director » dans les génériques, il m'a répondu: « C'est celui qui, ensuite, dépense l'argent ». Et là, j'ai su que c'était ça que je préférerais faire. »

  • « J'ai commencé à mettre en scène mes camarades de classe pour les spectacles de fin d'année, les petites pièces de théâtre au sein de l'école. A 8 ans, je recevais ma première caméra 8mm. A 12 ans, ma première caméra vidéo avec un zoom et tout. Je réalisais à l'époque des dizaines de films d'animation et en stop motion. Mais, contrairement à ce que l'on peut penser, tout ça n'avait rien d'un jeu pour moi, je prenais la chose très au sérieux. »

  • « A ma Bar Mitsva, le rabbin m'a demandé ce que je souhaitais faire plus tard. Je lui ai répondu: « Director and producer ». Il m'a alors dit que je ne pouvais décider d'exercer deux métiers à la fois et que je devrais choisir l'un ou l'autre. Je lui ai alors rétorqué: « Non, regardez Stanley Kubrick! ». J'étais en effet convaincu très jeune que si je voulais garder le contrôle sur mon film, il fallait que j'enfile également la casquette de producteur. C'était ainsi et pas autrement. »

  • « Au lieu d'études auxquelles on me destinait pour devenir avocat ou médecin, j'ai commencé l'Université en option cinéma. J'ai toujours trouvé étrange à quel point les professeurs nous répétaient inlassablement qu'un film doit avoir un message. Coûte que coûte. J'ai pour ma part toujours pensé que le cinéma doit être là pour divertir. Mais avec intelligence. C'est là, la nuance. »

Hostel:

  • « Hostel a été écrit en 10 jours. C'est Tarantino qui m'a poussé à le faire (et qui m'a soutenu ensuite) après que je lui aie parlé de l'idée que j'avais. Je suis ensuite parti en Europe de l'Est avec mon appareil photo pour des repérages. Et quelques mois plus tard, le film se tournait, en seulement 35 jours. »

  • « Avec Hostel, j'ai essayé de faire un film plus personnel que mon premier, "Cape Fear". L'idée était pour moi d'absorber tout ce que j'adorais, puis de laisser ça de côté et de faire mon propre film, sans être sans cesse dans la copie ou l'hommage au cinéma et aux films que j'adore. »

L'après Hostel:

  • « Je crois qu'après tout ce temps en tournage et dans des salles de montage, du matin au soir, à entendre des gens qui crient et se font tuer, j'avais besoin d'une pause. J'ai passé ainsi beaucoup de temps ces dernières années à donner des coups de main à gauche et à droite, en apportant ma petite contribution aux projets d'autres réalisateurs. C'est ainsi que j'ai eu la chance de travailler comme acteur sur le dernier film de Tarantino. J'ai adoré cette expérience, je m'en nourrissais quotidiennement. Tous les jours, j'apprenais quelque chose de nouveau ou découvrait un nouveau point de vue sur ceci ou cela. C'était juste extraordinaire. »


La Suisse

  • « J'adore votre pays. Et je ne dis pas ça pour vous faire plaisir. D'ailleurs, je pense que cela pourrait être un cadre idéal pour un film d'horreur. Tout y est tellement serein, trop calme. Avec tous ces gens polis et souriants, on a envie de se demander: Mais qui va me tuer? Tout est si parfait ici, qu'il y a, au fond, comme quelque chose qui pose problème... »

Par Mathieu Poget – le Vendredi 8 Juillet 2011
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