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Locarno 2012: Old is Beautiful

· Arrivés en milieu de parcours du côté de la cité cinéphile tessinoise, force est de constater, lors d'un petit bilan subjectif, une certaine tendance plutôt agréable de cette fournée 2012. Bon nombre de films traitent en effet du 3e âge, en rendant souvent un hommage vibrant à ces personnes transportant avec elles bien souvent un univers au touchant naturel et constituant elles-même une sorte de véritables boîtes à souvenirs. Femmes (souvent!) aux caractères bien trempés, ou hommes blessés et paumés, les "vieux" parsèment ça et là les salles obscures durant cette semaine "léopardine".









Besedka Johnson, dans son premier rôle au cinéma, dans Starlet (de Sean Baker)

De films de fictions aux documentaires, de personnages principaux à seconds rôles marquants, on aborde souvent les personnages du 3e âge en lien avec une autre génération plus jeune, du moins, on l'aborde grâce à la relation entre deux personnes, souvent celle de l'amitié, qui se tisse, avec les tensions et les incompréhensions que cela implique. En compétition internationale, on pourrait donc parler du magnifique Starlet, narrant la curieuse amitié entre une vieille dame caustique et une jeune fille passant son temps avec son petit chien et se défonçant avec ses colocataires sans but(s) apparent(s), ou encore d'Une Estionienne à Paris, où une Jeanne Moreau acariâtre ayant fait table rase du passé fait face à une sorte d'infirmière étrangère extrêmement réservée. Encore dans la même catégorie, mais cette fois dans un second rôle, mais d'une justesse et d'une vérité hallucinantes, le papa malade et quelque peu paumé du jeune Julien de Mobile Home reste dans nos esprits, telle une image tragi-comique indélébile imprimée sur notre rétine de passionné du 7e art.







Duel psychologique entre Hélène Vincent
et Vincent Lindon, mère et fils dans Quelques jours de printemps (Stéphane Brizé)

Mais sur la Piazza également, les ruptures, les fossés, les non-dits entre ces générations montent le curseur émotionnel à travers le film de Stéphane Brizé, Quelques jours de printemps, pour lequel Hélène Vincent mériterait indubitablement un Prix d'Interprétation s'il y en avait un. C'est elle qui incarne avec grande fragilité une mère de famille plutôt maniaque choisissant la mort assistée pour disparaître 'en douceur', malgré les a priori de son fils. Enfin, dans le programme de la Semaine de la Critique, le bouleversant documentaire Vergiss Mein Nicht suit le développement de la maladie d'Alzheimer de la mère du réalisateur, David Sieveking, dans un documentaire faisant osciller le spectateur entre rires et larmes, le film suivant les rapports de famille et la gestion que les soins à domicile impliquent.








Dîner rustique en Belgique dans Mobile Home (François Pirot)


Ceux dont on disait qu'il n'étaient pas bankable, dont les histoires n'étaient pas intéressantes à produire (on se souvient des paroles importantes sur les difficultés du réalisateur de Et si on vivait tous ensemble?, présenté l'année dernière sur la Piazza, de faire voir le jour à son oeuvre), reviennent donc à la charge dans cette édition 2012. A travers des relations poignantes qui rappellent les perles des éditions précédentes, telles Marnero ou encore Satte Farben Vor Schwarz, on apprend à les comprendre, on découvre leurs failles malgré une coquille bien rigide et rouillé par les années, on se sent proches, on les aime et déteste, bref, on leur rend hommage.









Le trio familial Sieveking dans Vergiss Mein Nicht (David Sieveking)
Par Sandro De Feo – le Mardi 7 Août 2012
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