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FIFF 2014, hommage au cinéma iranien

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Le Festival international de Films de Fribourg rend cette année hommage à l’histoire du cinéma iranien avec une sélection de films choisis par 14 réalisateurs de ce pays. La rétrospective est accompagnée d’un débat sur ce cinéma, qui a lieu jeudi 3 avril à 16h25 à Fribourg.

Les films qui, d’après 14 réalisateurs iraniens d’origines et de tendances artistiques différentes, ont marqué ce cinéma, sont projetés pendant une semaine à Fribourg. La Cinémathèque suisse montrera aussi une partie de cette rétrospective en avril, notamment le 6 avril avec la projection de 3 films : The House is Black (1963, Forough Farrokhzad), The Traveller (1974, Abbas Kiarostami) et Gabbeh (1996, Mohsen Makhmalbaf).

Le film le plus ancien de la liste, The House is Black, est un court-métrage documentaire par une poétesse iranienne, Forough Farrokhzad. Cette dernière est idolâtrée dans son pays grâce à ses poèmes sensuels et fluides. Son audace poétique est aussi apparente visuellement dans ce film, qui est une observation lyrique/mélancolique de l’état d’un hôpital provincial pour les lépreux. Le film peut être considéré comme un poème visuel grâce à son montage rythmique, ainsi qu’à la voix douce de Forough qui récite ses poèmes en voix-over.

 

D’autres films des années 60 font aussi partie de cette rétrospective.  The Brick and the Mirror d’Ebrahim Golestan (1965) est un chef-d’œuvre rarissime de la Nouvelle Vague iranienne qui oscille entre les idées existentialistes des années 60 et le cinéma traditionnel iranien. L’histoire tourne autour d’un chauffeur de taxi qui trouve un bébé abandonné dans sa voiture. Embrouillé, il doit décider comment agir, poussé d’une part par sa conscience paternelle humaniste et sa petite amie, et rejeté de l’autre part par le regard désapprouvant des autres. Le film est une critique sévère visée à la société iranienne de l’époque, tout en jouant sur les codes et les normes de cette même société. Un autre film de la même période historique qui se trouve dans la rétrospective est The Cow de Dariush Mehrjui. Un film extrêmement important dans l’histoire politique du cinéma iranien, The Cow illustre la vie douloureuse de la classe paysanne. Son protagoniste est un homme pauvre qui perd la raison après la mort de sa vache, qui représente, symboliquement, son seul avoir, son espoir, son âme. Le film est crédité comme le sauveur du cinéma iranien au moment de la révolution islamique, car sa qualité artistique effaça les doutes sur la dégénération du cinéma et en assura la survie au sein du régime politique nouveau-né.   

En outre, la rétrospective donne une opportunité à un des plus grands cinéastes iraniens, pourtant relativement méconnu à l’étranger, Bahram Beyzai, d’être vu et apprécié. Beyzai, dont le film Bashu, le petit étranger rencontra tout de même un succès modéré en Occident, est avant tout un excellent dramaturge de théâtre. Maîtrisant le langage soutenu, il écrit des pièces et des scénarios très complexes sur le plan narratif et langagier. Sa carrière est célébrée à Fribourg grâce à deux films : Death of Yazdgerd (1982) qui est le récit de la mort d’un roi sassanide filmé dans un huis clos et basé sur un symbolisme culturel complexe, et Downpour (1972) qui illustre l’intérêt profond du réalisateur pour le réalisme magique.

Les films des habitués du cinéma iranien sont également présents dans cette section. Abbas Kiarostami enchante le public fribourgeois avec Où est la maison de mon ami (1987), The Traveller (1974) et Close-up (1990). Les deux premiers concernent les enfants et montrent l’habileté de Kiarostami de porter une critique sociale et raconter une histoire mature par le biais d’un monde enfantin.  Le troisième, un film qui mélange le documentaire et la fiction, est l’histoire d’un homme qui se fait passer pour le réalisateur acclamé, Mohsen Makhmalbaf. Ce dernier, quant à lui, voit son film Gabbeh (1996) présenté dans cette section d’hommage au cinéma iranien. The Runner (1990) d’Amir Naderi est l’autre film iranien qui jouit depuis sa sortie du succès en Occident aussi bien qu’en Iran.

La rétrospective des films iraniens se poursuit jusqu’à samedi au FIFF.

Par Maral Mohsenin – le Mercredi 2 Avril 2014
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