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(Cannes 11): Ouverture du Festival et Méliès à l'honneur

Le thème « Aquarium » du Carnaval des animaux de Camille Saint-Saëns qui commence, les rideaux qui s'ouvrent, les lumières qui s'éteignent dans la salle, et nous revoilà partis pour 10 jours de frénésie cannoise. La mine patibulaire de De Niro, président du jury, contraste avec le glamour de Faye Dunaway, choisie cette année comme égérie, les grosses productions partagent l'affiche au côté de plus modestes, les films commerciaux côtoient les films d'auteurs et les talents confirmés, ceux en devenir. On espère du chef-d'oeuvre, on redoute du navet. Il y en aura en tout cas pour tous les goûts, c'est certain. Une 64ème édition du Festival de Cannes avec un programme qui devrait, d'une manière ou d'une autre, réserver son lot de surprises.

Première surprise du Festival, une copie restaurée du célèbre Le Voyage dans la Lune du bon vieux George Méliès. Plus d'un siècle après sa sortie en France et dans le monde, ce qui passait pour être un long-métrage à l'époque (environ 14min) va enfin pouvoir être redécouvert dans sa version en couleur, longtemps considérée comme perdue. C'est en 1993 en effet qu'une copie est retrouvée à Barcelone et donnée par un collectionneur à la Filmoteca de Catalunya. S'ensuit un long travail de restauration des 13'375 images du film – peintes autrefois une à une à la main! – qui va coûter la modique somme de 400'000 euros et demander 10ans de travail. Pour Gilles Duval (Fondation Groupama) et Séverine Wemaere (Fondation Technicolor), qui s'étaient déjà associés pour restaurer l'intégralité des films de Pierre Etaix, c'est là certainement la restauration « la plus complexe et la plus ambitieuse » qu'ils déclarent avoir jamais mené et qui devrait faire date dans l'histoire de la restauration de films.

Le Voyage dans la lune, datant de 1902, retrouve ainsi une nouvelle jeunesse et a la chance de se voir programmé en avant-programme du film d'ouverture de cette année, à savoir Midnight in Paris de Woody Allen. Choix judicieux et cohérent, car contrairement aux nombreux ragots qui ont entouré sa sortie et à l'idée que l'on pouvait s'en faire à la vision du trailer, le dernier long-métrage du plus francophile des réalisateurs new-yorkais a su surprendre par un virage franc et insoupçonné dans le genre que Méliès chérissait par-dessus tout: le fantastique.

Par ici pour la critique.
Par Mathieu Poget – le Jeudi 12 Mai 2011
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