<Zurich Film Festival
Sorties et actualités Cinema sur cinema.ch Cinéma à Lausanne et Genève

Publicité

(Cannes 11): Leçon de cinéma par Malcolm McDowell

· Parallèlement à la grande exposition "Stanley Kubrick" à la Cinémathèque française à Paris, le Festival de Cannes a, pour sa part, décidé de rendre hommage à Malcolm McDowell en projetant une copie restaurée d'Orange Mécanique, accompagnée d'un documentaire inédit, et en invitant l'acteur pour sa fameuse « Leçon de cinéma » (après Bellocchio, les Dardenne et Tarantino pour ces trois dernières années).



McDowell a créé, au cours de sa carrière, une galerie de personnages intemporels et a gagné sa place dans l’histoire du cinéma, très jeune, lorsque Stanley Kubrick a trouvé l’acteur qu’il cherchait pour jouer le rôle du joyeux et amoral Alex dans Orange Mécanique. Par ce rôle de légende, il a conquis des légions de cinéphiles, puis s’est attaché un nouveau public en interprétant le tyrannique Soran qui détruit le Capitaine Kirk dans Star Trek: Generations ; le machiavélique Mr. Roarke de L’Île fantastique et le professeur comiquement pompeux, Steve Pynchon, dans la série télévisée de CBS, « Pearl », acclamée par la critique. Il a également interprété des personnages remarquables dans Le Froussard Héroïque de Richard Lester, La Féline de Paul Schrader, Tank Girl de Rachel Talalay, Deux Hommes en Fuite de Joseph Losey, The Raging Moon de Bryan Forbes ou encore Meurtre à Hollywood de Blake Edwards. Sa carrière est également riche de son interprétation convaincante du sinistre Caligula, dans le film éponyme, du brillant éditeur Maxwell Perkins dans Marjorie de Martin Ritt, de son petit rôle dans The Player, de Robert Altman, et de nombreux autres rôles mémorables. Pas loin de cent cinquante films témoignent de son amour pour le septième art, mais aussi de sa vitalité et de sa soif de travail à travers une carrière longue aujourd'hui de 40ans. Une bête.

Quelques extraits de sa « Leçon de cinéma » qui avait lieu hier, salle Buñuel:

MacDowell a dans un premier temps évoqué sa manière d'aborder un rôle :
"J'aime donner de l'énergie à mes personnages. Je n'aime pas les personnages en 2D. En général, je me base sur mon instinct pour leur donner de la profondeur. A mes débuts, j'apprenais le script par coeur afin de ne pas y revenir. Aujourd'hui, avec l'âge, c'est plus dur ! J'aime travailler les textes et les oublier ensuite pour être libre d'en faire ce que je veux lors du tournage".

Puis il s'est remémoré le chemin qui l'a mené devant les caméras :
"A 11 ans, j'ai été choisi par mon école pour une comédie musicale. Une fois sur scène, les lumières m'ont éblouies mais je me suis senti chez moi. Ensuite, j'ai joué dans des pièces de Shakespeare. J'ai interprété tous les grands personnages de son oeuvre avant d'avoir 18 ans. Puis j'ai rencontré une star du muet auprès de laquelle j'ai pris des cours d'élocution. J'étais fasciné par cette femme".

Il a expliqué comment sa collaboration avec Stanley Kubrick a démarré :

Je me suis rendu chez lui et il m'a demandé si j'avais entendu parler d'Orange Mécanique. Il m'a dit : "Je veux tourner ce livre". J'avoue que j'ai eu du mal à lire ce foutu livre ! Après trois lectures, j'ai enfincompris son sens. Un semaine plus tard, je lui ai demandé s'il me donnait le rôle. Après un silence, il m'a répondu : "oui".

L'acteur a dévoilé comment il a préparé le rôle d'Alex dans Orange Mécanique :

"Je suis allé voir le réalisateur Lindsay Anderson, avec qui j'avais déjà collaboré, pour lui demander conseil. Il m'a dit : "Tu te souviens cette scène de If... (1968) où tu te fais menacer et où, malgré cela, tu souris ? Et bien joue ce rôle comme ça". Il m'a donné une image. Je m'en suis souvenu pendant le tournage".

Il a pour conclure loué le talent de Kubrick à utiliser la musique dans ces films :
"On pourrait organiser un séminaire sur la manière brillantissime de Stanley Kubrick à utiliser la musique dans ses films. C'était un maître en la matière ! Dans Orange Mécanique, la scène où Alex fait l'amour avec deux jeunes femmes est la meilleure illustration de ce talent. La scène dure trente minutes mais Kubrick l'a ajouté au montage en accéléré sur "William Tell Ouverture", de Gioacchino Rossini!"


Source: http://www.festival-cannes.com/fr/festival/aroundTheSelection/2011/evenementLecons.html
Par Mathieu Poget – le Samedi 21 Mai 2011
Vous appréciez cet article, aidez-nous à le promouvoir: