65th Cannes Film Festival
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(Cannes 10): Le palmarès officiel

· Certains disent déjà de cette édition qu'elle fut pleine de déception, avec une sélection de films bien moins impressionnante que les années précédentes, réservant surtout bien moins de surprises que l'année précédente. Le jeu des pronostics a très vite permis de distinguer quelques favoris, oubliant très vite la majorité des autres films en compétition. Mais qu'on ne se fasse pas d'illusions, ceci n'enlève rien du mérite des films primés, qui ont tous été fréquemment cités par la presse.

La cérémonie, aussi chic que austère, n'aura été marquée que par les rappels, nombreux mais justifiés, de la situation compliquée dans laquelle se trouve le réalisateur et membre du jury Jafar Panahi, actuellement enfermé en Iran et en pleine grève de la faim. Tim Burton devait être très certainement plongé dans ses futurs projets, puisqu'il a régulièrement dû être réveillé de ses pensées pour faire les annonces.

Le petit moment "émotion" est venu de Juliette Binoche, lors de la remise de son prix de meilleure interprétation féminine, avec son discours très personnel et touchant. Cette édition du festival aura vraiment été sienne, elle qui figurait déjà sur l'affiche officielle, écrivant Cannes d'un trait de lumière.

Le nouveau géant du cinéma mondial a maintenant un nom, et nul doute que les médias vont désormais apprendre à l'écrire juste, puisqu'il s'agit du Thailandais Apichatpong Weerasethakul. En effet, son film, Lung Boonmee raluek chat (Uncle Boonme who can recall his past lives), a décroché la très convoitée Palme d'or. Très humble, il a remercié ses parents pour l'avoir emmené au cinéma alors qu'il n'avait que 10 ans et qu'il ignorait encore tout de cet art. Il a évité d'aborder la situation politique de son pays, et on ne le lui en tiendra pas compte, puisqu'il ne faudrait pas lier son succès aux récents événements. C'est une grande victoire pour le cinéma thaïlandais qui a été particulièrement dynamique ces dernières années, tout comme le reste de l'Asie du Sud-Est.

Le prix de l'interprétation masculine a la particularité cette fois-ci de désigner deux acteurs, Javier Bardem dans Biutiful, et Elio Germano dans La nostra vita, ce qui est intéressant à noter puisque ces deux films présentent plusieurs similitudes.

Lee Chang-dong repartira avec de la déception, lui qui n'aime pas recevoir des récompenses. Avec le prix du meilleur scénario remis à son Poetry, son pays récolte un deuxième prix, après celui de la section Un Certain Regard pour Hahaha de Hong Sang-soo, décidé à l'unanimité du jury.


Le palmarès complet:


Long-métrages :

Palme d'or : Lung Boonmee raluek chat de Apichatpong Weerasethakul
Grand Prix du Jury : Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois
Prix d'interprétation masculine ex-æquo : Javier Bardem dans Biutiful et Elio Germano dans La nostra vita
Prix d'interprétation féminine : Juliette Binoche dans Copie conforme
Prix de la mise en scène : Mathieu Amalric pour Tournée
Prix du scénario : Lee Chang-dong pour Poetry
Prix du Jury : Un homme qui crie n'est pas un ours qui danse de Mahamat Saleh Haroun

Un Certain Regard :

Prix Un Certain Regard (à l'unanimité) : Hahaha de Hong Sang-soo
Prix du jury : Octobre (Octubre), de Daniel et Diego Vega
Prix d'interprétation féminine : Adela Sanchez, Eva Bianco et Victoria Raposo pour Los Labios

Courts-métrages :

Palme d'or du court-métrage : Chienne d'histoire de Serge Avédikian
Prix du jury du court-métrage : Micky bader de Frida Kempf


Caméra d'Or : Año bisiesto de Michael Rowe
Par Fabien Schneider – le Dimanche 23 Mai 2010
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