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Ben Laden au cinéma: il est de retour!

· Au large de Belle-Île-en-Mer dans l'océan Atlantique, un jeune couple, lors d'une plongée sous-marine, se retrouve nez à nez avec un corps immergé, attaché par les pieds à une pierre. Délesté, remonté à la surface et après inspection, ils découvrent avec stupéfaction qu'il s'agit là du cadavre du plus célèbre terroriste au monde: Oussama Ben Laden. Puis, grâce, semble-t-il, à une goutte de Coca-Cola, la dépouille va reprendre vie et muter en zombie. Oussama a désormais les moyens de régler ses comptes et de se déchaîner avec rage et cruauté sur de l'Occidental moyen et du Judéo-chrétien candide. Sa soif de vengeance est intarissable.

Par ici, pour cette folle bande-annonce:



Ce scénario rocambolesque est à la base d'un court-métrage qui se présente en réalité comme une bande-annonce d'un long, réalisé par un cinéaste en herbe: le français Clément Deneux (dont on a peut-être déjà croisé quelques réalisations sur la Toile ou dans les bonus du DVD de [Rec] grâce à un concours Nokia qu'il avait, à l'époque, remporté). Tourné en seulement quelques jours à l'aide d'un appareil photo et intitulé Zombinladen, ce faux trailer s'avère particulièrement efficace et réussi. D'une réelle bonne facture et qui sait savamment mélanger, avec (mauvais) goût et parodie, tous les ingrédients nécessaires pour concocter l'illusion d'un pur film de zombies estampillé série B.

On regrette presque qu'il ne s'agisse pas là d'un vrai film à découvrir ensuite en salles et on se surprend alors à se demander pourquoi il n'y a au fond aujourd'hui quasiment personne – producteur comme réalisateur – d'assez barré pour proposer de tels objets filmiques. Excepté Harmony Korine et quelques réalisateurs discrets de l'underground, trop rares sont ceux qui ont le cran et le culot de produire des oeuvres qui tiennent ainsi de l'hors norme, de l'indiscipline véritable, et qui dérangent autant qu'elles divisent. Une dose d'horreur trash, une esthétique exacerbée, de l'humour corrosif, et puis une trinité pour cimenter le tout: de la religion, de la politique et du cul.

Bon, après, et dans ce cas-là précis, c'est sûr que si on veut pas se retrouver avec une fatwa dans les pattes, vaut mieux y aller mollo...  Ou justement pas (merci Clément Deneux) et foncer net et franchement dans le tas. Réalisateurs et producteurs, à vos caméras et vos scripts. Et, je vous en prie, de l'audace parbleu!


Par Mathieu Poget – le Vendredi 30 Septembre 2011
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