Ce n’est pas un hasard si l’on retient surtout de Martin Scorsese ses films de mafieux – les magistraux Goodfellas et Casino en particulier – qui semblent le mieux résumer les obsessions tenaces qui parcourent une œuvre pourtant bien plus diverse qu’elle n’y paraît. Car le petit-fils d’immigrants siciliens ne s’est pas borné à tenir la chronique du quartier de Little Italy où il a grandi, ni du New York nocturne et inquiétant de Taxi Driver ou Bringing Out the Dead. Alternant commandes de studios et productions indépendantes, le jeune loup du «New Hollywood» des années 1970 est resté fidèle à ses domaines d’élection, qu’il s’agisse du monde du spectacle – cinéma (c’est un cinéphile érudit), musique (comme sujet et langage de ses films), etc. – ou de spiritualité avec La Dernière tentation du Christ puis Kundun. Et pourtant, on y retrouve toujours un peu de cette fascination pour la grâce et la damnation qu’il partage avec son scénariste Paul Schrader, ce regard empathique mais sans concessions sur l’Amérique des paumés et des marginaux. Sans parler de ses acteurs fétiches: Robert De Niro bien sûr, et désormais Leonardo Di Caprio – qu’il dirige pour la quatrième fois dans Shutter Island, dont la sortie est prévue fin février. Retrouvez durant tout le mois de février la quasi totalité des long métrages dirigés par le "p'tit gars de Little Italy", de 1967 à aujourd'hui, dans les salles du Cinématographe et de Paderewski de la Cinémathèque suisse.
Source: www.cinematheque.ch




