






« Avertissement : il n’est plus question ici de faire une critique positive ou négative. Le film, d’une excellence ébouriffante, n’a pas besoin de trouver auprès des journalistes une fade légitimation.
Nous croyons contrôler notre perception du monde par la conscience. Les spécialistes de la philosophie imaginent probablement son apparition théorique chez un Socrate ; puis sa maturation dans les mains cartésiennes, sa destruction par Freud, enfin sa réhabilitation au sein du parti analytique. Daniel Cockburn s’empare du sujet et propose un essai à proprement parler philosophique : You are here.
Ce joyau sensible, vertigineux, intelligent, commence par ce qui semble être une conférence sur les possibilités infinies du regard contemplant la mer. Un homme - dont on soupçonne l’éventuelle affiliation à un groupe sectaire éclairé – harangue à coup de raisonnements phénoménologiques une salle que l’on ne voit pas ; regarde-t-on la mer dans son ensemble, le mouvement des vagues ou encore le point rouge du laser de l’orateur faisant des allers-retours explicatifs ? Puis sans lien explicite avec cette entrée en matière surprenante, la narration définit avec des mots et des images l’idée d’une conscience collective, qui, quoiqu’elle fasse, se retrouve nez à nez avec l’inconnaissable indestructible qu’elle essayait alors de codifier sans cesse.
A partir de là s’emmêlent plusieurs trames liées par une hypothèse reprise des théories du philosophe américain Searle: la conscience n’existe pas. En voici quelques exemples, fascinants;