






Du sable. Encore du sable. Toujours du sable. Des cailloux. Comment résumer autrement un désert comme celui du Sahara ? Le soleil peut-être, la chaleur étouffante. Cette asphyxie, c’est justement ce qui est en jeu dans le film de l’espagnolPedro Pérez Rosado. Non pas que les personnages soient victime de déshydratation ou que vous aurez le droit à une bande d’aventuriers perdus dans le désert à la manière du très faible Les Chemins de la Liberté (Peter Weir, 2011). Il s’agit au contraire d’un retour aux sources (plutôt sèches).
D’un point de vu narratif cette histoire est un peu le verso de Va vis et deviens (Radu Mihaileanu, 2004) qui racontait l’histoire d’un jeune éthiopien adopté par une famille israélienne. Là où ce film se concentrait principalement sur la difficile adaptation du falashas à sa nouvelle vie et se terminait sur son retour dans le désert auréolé d’un diplôme de médecin, Wilaya débute et finit par l’arrivée peu glorieuse d’une exilée dans son village.
Fatimetu débarque donc dans ce monde d’où elle vient mais qui lui est désormais complètement étranger. Maintenant elle a un copain, n’est pas mariée et porte des jeans. Ici les femmes sont voilées, leur unique souci est de trouver un époux et un frigo pour leur tente. Le décalage va d’emblée faire surgir un message assez désagréable, l’incompatibilité entre la modernité et cette culture aux traditions vieilles comme les dunes sur laquelle elle repose. Cela se traduit, chez les personnages, par une incapacité profonde de communiquer. Tous écrasés par les codes sociaux et moraux de la région, ils s’interrogent les uns les autres, sans jamais recevoir de réponses. Un peu à l’image du film.
En effet un peu trop sage formellement, le film n’est pas transcendé par son propos non plus. Il peine à prendre parti, à délivrer un message, même si l’on sent un arrière fond féministe malheureusement mal exploité car superficiel. Bien que l’ambigüité soit souvent salutaire au cinéma, ici l’on parlerait plutôt de paresse. Peu d’audace, rien de fondamentalement raté, mais une caméra peu encline à nous révéler la beauté des paysages ou la dureté des wilayas et qui reste cantonnée à des plans trop peu révélateurs. Un moment intéressant d’un point de vu ethnographique (vous y apprendrez deux ou trois choses si vous ne connaissez pas cette culture) mais pour du grand cinéma, vous repasserez. Un désert peut-être trop vaste pour un petit film.