






« Woody Allen revient à ses habitudes new-yorkaises, celles vigoureuses et comiques, énergiques et décomplexées dans la mise en scène comme dans le scénario et renoue à l’occasion avec l’esprit espiègle et badin qu’il avait laissé derrière lui durant son brillant périple européen, entre Londres (Match Point, Le Rêve de Cassandre, Scoop) et Barcelone (Vicky Christina Barcelona).
Cette fois l’humoriste de stand-up qu’est Woody Allen revient en force, avec son cynisme nonchalant et gai. Humoriste de stand-up ? Ce ne sera pas la première fois que le cinéaste s’adresse au public ou se joue des frontières entre fiction et réalité : qu’on se rappelle La Rose pourpre du Caire où les personnage d’un film projeté en salle existent véritablement dans leur univers et regardent les spectateurs à travers l’écran qui n’est rien d’autre qu’une fenêtre séparant (si peu) deux mondes ; inévitablement, l’un des personnages ira jusqu’à traverser l’écran pour rejoindre une spectatrice. Dans Whatever Works aussi, la frontière est poreuse : c’est très naturellement que Boris apostrophe le public dont nous sommes, le prend à part, témoin privilégié des ses pensées bilieuses.
Whatever Works, avec ses allures de « petit film léger », renoue avec l’aisance et la maîtrise qu’a Woody Allen à instaurer un ton qui par sa singularité, sa drôlerie parfois ambiguë, son ironie distante et – ne l’oublions pas – sa littéralité, lui permet de proposer un film pénétrant quand pourtant rien, sur le papier, ne laisse présager autre chose qu’une comédie simplette. C’est parce qu’il badine qu’Allen sérieux. »