






Il y a un peu de Big Fish dans le début de Water for Elephants, un héros qui cherche une vie plus belle que la réalité, et qui tombe amoureux d'une femme diaphane et lumineuse dans un cirque. Mais ce conte-là est bien cruel: dans le cirque des Benzini Brothers, on vient admirer des spectacles merveilleux pour oublier l'amertume et la brutalité de la Dépression, certes, mais il n'y a pas d'échappatoire. Les hommes, les fauves comme les chevaux sont nourris à la gamelle, dressés à coup de poings ou au bâton, et abattus comme des bêtes lorsqu'ils n'apportent plus rien aux recettes du cirque. Le symbole est fort et certaines scènes du film véritablement poignantes.
Le trio en tête d'affiche est brillant, littéralement, en ce qui concerne le couple Pattinson/Witherspoon, cheveux blonds et regard céleste. Le jeune acteur troque les allures sombres et lips-glossées de vampire adolescent pour celui de héros solaire, et irradie littéralement, par son jeu comme par son physique. Witherspoon, décidément délicieuse quand elle ne joue pas dans des rom-com fadasses, est la partenaire idéale de ce héros lumineux fatigué de la réalité sociale et économique. Christoph Waltz excelle à nouveau dans son personnage de Monsieur Loyal sadique et ombrageux. Si son interprétation semble présenter des facettes plus variées que le personnage d'Hans Landa dans Inglorious Basterds, elle n'est pour autant pas totalement étrangère au salaud nazi. Waltz prouve qu'il est un excellent acteur, on attend maintenant de voir s'il est grand, en espérant que les rôles qui lui seront offerts en dehors de sa patrie ne seront pas que des méchants ambigus.
On aura quelque réserves sur le rythme - lent, très lent - et le final un peu trop sentimental après une histoire si brutale, mais on pardonne tout, ne serait-ce que pour les scènes de l'éléphant. Imposant mais touchant et fragile, le pachyderme peut finalement être vu comme la star du film. Les scènes de dressage et de complicité avec l'animal sont tout simplement magnifiques.