






« Vik Muniz, artiste contemporain brésilien vivant aux Etats-Unis, se rend dans la plus vaste décharge du monde, aux alentours de Rio, pour une démarche artistique unique en son genre. Il y sollicite la participation de plusieurs employés (les catadores) pour créer leurs propres portraits à partir de déchets. Sous la forme d'un film documentaire qui suit l'artiste sur trois ans, Lucy Walker signe une oeuvre magnifique de sensibilité et d'humanisme. Les symboles y sont puissants, comme celui de voir les plus pauvres vivre dans les ordures des plus riches, et celui de voir l'art se munir d'un pouvoir humanitaire qu’on ne lui connaissait pas.
Mais un malaise existe lorsqu'on songe aux véritables intérêts que défend le film, ou plutôt Vik Muniz à travers le film. On ne peut s'empêcher de se demander à qui profite réellement son projet. Est-ce aux catadores? Ce que nous ne pourrions qu'approuver. Ou est-ce à Vik Muniz lui-même? Ce qui changerait la portée du film. En tous les cas, Lucy Walker passe à côté des vraies questions qui auraient fait de ce documentaire un chef-d'œuvre du genre, à savoir comment en est-on arrivé à cette dérive qui voit certains hommes vivre grâce aux ordures de leurs semblables.
Cette incomplétude n’est toutefois pas majeure et ne cause pas un grand tort à ce film qui vaut le détour, dans le sens où il rend compte d’une énième manifestation méconnue des injustices sociales dans le monde. »