






« Ressusciter un être cher auquel nous n'aurions pas eu le temps de dire au revoir en bonne et due forme: l'impossible chose. Dans cette petite bourgade perdue au fin fond de la campagne anglaise, ce souhait fou semble pourtant réalisable. La seule condition sera de ne pouvoir profiter du défunt que l'espace de trois brefs jours. Après quoi, celui-ci devra impérativement retourner de là d'où il vient. Et ce, coûte que coûte.
Produit par la célèbre société Hammer films avec peu de moyens, Wake Wood peine à convaincre sur plusieurs plans. Particulièrement mal filmé, mal étalonné et même mal monté par moments, il déçoit – voire dérange – par l'amateurisme de sa réalisation. Si les effets spéciaux, même modestes, fonctionnent et que le spectateur devrait en avoir pour son argent s'il s'attend à sursauter de son fauteuil, il devra toutefois se résigner à un film aux séquences très inégales qui ne participent qu'à détourner son attention du récit. En clair, face à tant d'approximations, on y croit pas, on décroche.
Pour le fond, il faudra également repasser. Un scénario pauvre qui confine parfois à l'insipide et qui se trouve, par dessus le marché, interprété sans grande inspiration par ses acteurs. Le seul intérêt semble alors peut-être résider en l'attention portée ici à la thématique du deuil et au chemin difficile qui mène de la gestion à l'acceptation du décès. Le traitement se révèle malheureusement assez grossier et les comportements des personnages apparaissent souvent comme clairement invraisemblables. L'ensemble finit ainsi par manquer tout à fait de nuances, et ce de bout en bout.
Le genre horrifique, dans ce qu'il peut présenter de franc et sans détour, ne doit en effet pas être une excuse pour faire fi d'un tant soit peu de psychologie, et de subtilité dans les caractères et enjeux. Ici, plutôt qu'une utilisation intelligente des codes du genre, le cinéaste s'en inspire mollement sans en tirer de véritables propositions. Il les épuise, tout simplement. Et nous avec. »