65th Cannes Film Festival
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Wake Wood

Poster - Film Wake Wood
Durée: 1h31 · Genre: Thriller, Horreur
Réalisé par David Keating
Avec Timothy Spall, Ruth McCabe, Aidan Gillen, Eva Birthistle et Dan Gordon.
« Louise et Patrick sont sous le choc de la mort tragique de leur fille Alice. Ils décident de déménager dans une petite bourgade reculée appelée Wake Wood. C'est dans ce lieu qu'ils découvrent l'existence d'un rituel païen entretenue par les habitants depuis des décennies et permettant de faire revenir d'outre-tombe pour une durée de trois jours n'importe quelle personne, afin de lui accorder un dernier adieu. A la fois effrayé et excité par cette perspective, le jeune couple sollicite l'aide des villageois pour ramener Alice à la vie. Mais une question fondamentale se pose: que feront-ils lorsque l'heure du départ définitif sera venue? »

Désagréable à l'oeil et sans goût


Critique par Mathieu Poget – Cinema.ch

« Ressusciter un être cher auquel nous n'aurions pas eu le temps de dire au revoir en bonne et due forme: l'impossible chose. Dans cette petite bourgade perdue au fin fond de la campagne anglaise, ce souhait fou semble pourtant réalisable. La seule condition sera de ne pouvoir profiter du défunt que l'espace de trois brefs jours. Après quoi, celui-ci devra impérativement retourner de là d'où il vient. Et ce, coûte que coûte.

Produit par la célèbre société Hammer films avec peu de moyens, Wake Wood peine à convaincre sur plusieurs plans. Particulièrement mal filmé, mal étalonné et même mal monté par moments, il déçoit – voire dérange – par l'amateurisme de sa réalisation. Si les effets spéciaux, même modestes, fonctionnent et que le spectateur devrait en avoir pour son argent s'il s'attend à sursauter de son fauteuil, il devra toutefois se résigner à un film aux séquences très inégales qui ne participent qu'à détourner son attention du récit. En clair, face à tant d'approximations, on y croit pas, on décroche.

Pour le fond, il faudra également repasser. Un scénario pauvre qui confine parfois à l'insipide et qui se trouve, par dessus le marché, interprété sans grande inspiration par ses acteurs. Le seul intérêt semble alors peut-être résider en l'attention portée ici à la thématique du deuil et au chemin difficile qui mène de la gestion à l'acceptation du décès. Le traitement se révèle malheureusement assez grossier et les comportements des personnages apparaissent souvent comme clairement invraisemblables. L'ensemble finit ainsi par manquer tout à fait de nuances, et ce de bout en bout.

Le genre horrifique, dans ce qu'il peut présenter de franc et sans détour, ne doit en effet pas être une excuse pour faire fi d'un tant soit peu de psychologie, et de subtilité dans les caractères et enjeux. Ici, plutôt qu'une utilisation intelligente des codes du genre, le cinéaste s'en inspire mollement sans en tirer de véritables propositions. Il les épuise, tout simplement. Et nous avec. »

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