65th Cannes Film Festival
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Visage

Poster - Film Visage
Sorti le 4 Novembre 2009 · 2h18
Réalisé par Ming-liang Tsai
Avec Jean-Pierre Léaud, Mathieu Amalric, Fanny Ardant, Nathalie Baye et Jeanne Moreau.
« Un réalisateur taïwanais tourne l'histoire du mythe de Salomé au musée du Louvre. Bien qu'il ne sache le français, il souhaite absolument confier le rôle du roi Hérode au comédien Jean-Pierre Léaud. Pour donner à ce film quelque chance, la production confie le rôle de Salomé à une top model de renommée internationale. Mais dès le début du tournage, les problèmes s'accumulent... »

Infiniment prétentieux et plutôt vide


Critique par Michel Mayor – Cinema.ch

« Ah, il nous manquait celui-là. Toute une compétition à Cannes sans lui. Pas possible. On l'a. On le tient. C'est le film « du grand n'importe quoi ». Fabuleux!

Le réalisateur Tsai Ming Liang réussit le coup de génie de rassembler un casting exceptionnel pour un film sans queue ni tête. On y retrouve Jean-Pierre Léaud, Fanny Ardant, Jeanne Moreau, Mathieu Amalric, Laeticia Casta et Nathalie Baye pour les plus connus. Tous embarqués dans des plans-séquences sans fin, dans des ambiances proclamées fantastiques ou « réelles-vraisemblables », paraît-il.

On ne sait pas très bien où on est à part dans le délire d'un réalisateur et d'une production qui manque singulièrement de modestie. Déjà, pour dépeindre un peu la chose, la plupart des acteurs joue leur propre rôle ou quasiment. Aie, bien mal parti qu'on se dit. Ensuite, le film se veut être un hommage et une réflexion à la fois sur le Louvre, sur le cinéma, sur Jean-Pierre Léaud, sur la mort de la mère du réalisateur, sur l'oeuvre de François Truffaut et sur « l'exploration minutieuse du mystérieux monde intérieur des artistes, envoyés des dieux ou animés par les démons ». Gloups. Ou encore : « Sur la constante angoisse des acteurs, leurs désirs excessifs, leur inconsolable solitude, leur état nerveux ». Et tout ça avec Laeticia Casta qui chante des chansons japonaises en play-black et puis un cerf aussi qu'on retrouve dans plusieurs plans. Non, franchement, Jean-Pierre Léaud a beau dire qu'on retrouve Truffaut à chaque plan, nous on a surtout l'impression qu'il doit se retourner dans sa tombe s'il entend que ce machin ressemblerait à son oeuvre.

Mais bon, on fait les durs et le film a ses qualités artistiques, il a des bons moments, même quelques passages bien drôles. Mais enfin, tout cela reste, qu'on le veuille ou non, noyé dans un sacré bullshit. Navré, mais malgré ces monstres sacrés du cinéma français, c'est vraiment trop nous demander que d'être sensible à un film pareil. D'ailleurs, si ces acteurs n'y jouaient pas, nous ne serions certainement pas en train d'écrire ces lignes. Car, de ce film, on n'en parlerait simplement pas. »

Fans



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