






« Un long-métrage qu'on retiendra surtout pour ses deux charismatiques acteurs principaux : Filippo Timi et Giovanna Mezzogiorno. Le premier pour son interprétation pleine de séduction et de terreur d'El Duce. Et la seconde, pour sa manière d'incarner la folie, le désarroi et la solitude intérieure d'une femme abandonnée et méprisée de tous.
Pour ce qui est du film, Marco Bellocchio signe une oeuvre un peu prétentieuse dans la mesure où elle prétend lever le voile sur une vérité oubliée par les livres d'histoire. Vérité qui n'a en fait pas de fondements bien établis. Reste que ce n'est, au fond, pas bien grave et qu'à vrai dire on s'en fiche même un peu. On est dans la fiction, alors voilà, tout est permis. Non, le problème réside bien plutôt dans la grandiloquence dont le film fait preuve. Des grands coups de violon, une image soignée à souhait, des décors d'époque impressionnants, des beaux jeunes gens qui tombent éperdument amoureux, qui font l'amour sur le plancher, longtemps, l'Italie qui devient fasciste, la tragédie d'une femme, d'un peuple, d'un pays, de la vie. Ouf. Plus Bellocchio veut nous en mettre plein la vue et nous tirer des larmes, plus il rate son dessein. En ce sens, Vincere manque cruellement de sobriété et de subtilité. Les prestations magnifiques des deux acteurs se retrouvent ainsi tristement étouffées parmi ce renfort d'effets, d'images d'archives, de costumes grandioses et d'une mise en scène très « En veux-tu ? En voilà ». »