






« Comment décrire ce film tant il tient du chef d’œuvre de l’animation ? Il s’agit d’un documentaire sur ce qui s’est réellement (mais peut-on parler de réalité quand tout n’est que souvenirs ?) dans les camps de réfugiés palestiniens à Sabra et Shatila. Le film se développe comme une réflexion sur la mémoire, sur le traumatisme qu’un souvenir trop violent, trop perturbateur peut provoquer chez un soldat. Le film s’ouvre sur un rêve qu’un ancien soldat fait depuis des mois : vingt-six chiens le poursuivent dans les rues de la ville. Et il ne parvient pas à s’en défaire ; il s’agit des vingt-six chiens qu’il avait abattu lors d’une attaque sur un village pendant la guerre. C’est à partir de ce rêve que le réalisateur va partir en quête d’une réalité, de sa réalité. Il traversera l’Europe pour retrouver ceux qui étaient avec lui pendant la guerre, ceux qui pourront l’aider à reconstruire sa mémoire et lui faire prendre conscience de l’absurdité de la guerre. Au final, c’est un film sur le devoir de mémoire et le devoir d’oubli, qui n’est pas sans nous rappeler Hiroshima mon Amour, d’Alain Resnais au cours duquel une femme reconstruit son passé à partir du présent dans lequel elle vit. Un film sur la mémoire et sur ce qu’il faut oublier pour continuer de vivre. Comme le dit le réalisateur : "Et la conclusion est que la guerre est si incroyablement inutile ! Ça n’a rien à voir avec les films américains. Rien de glamour ou de glorieux. Juste des hommes très jeunes, n’allant nulle part, tirant sur des inconnus, se faisant tirer dessus par des inconnus, qui rentrent chez eux et tentent d’oublier. Parfois ils y arrivent. La plupart du temps il n’y arrivent pas." Le cinéma ressort grandi de ce chef d’œuvre. »