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Affiche Film Valhalla Rising

Valhalla Rising

Poster - Film Valhalla Rising
Sorti le 7 Juillet 2010 · Durée: 1h33 · Genre: Aventure, Fantastique
Réalisé par Nicolas Winding Refn
Avec Gary Lewis, Mads Mikkelsen et Jamie Sives.
« Pendant des années, One-Eye, un guerrier muet et sauvage, a été le prisonnier de Barde, un redoutable chef de clan. Grâce à l'aide d'un enfant, Are, il parvient à tuer son geôlier et ensemble ils s'échappent, s'embarquant pour un voyage au coeur des ténèbres. Au cours de leur fuite, ils montent à bord d'un bateau viking, mais le navire, pendant la traversée, se retrouve perdu dans un brouillard sans fin, qui ne va se dissiper que pour révéler une terre inconnue. Alors que ce nouveau territoire dévoile ses secrets, les Vikings affrontent un ennemi invisible et terrifiant, et One-Eye va découvrir ses véritables origines... »

De la métaphysique muette.


Critique par Timothee Lechot – Cinema.ch

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Critique



Valhalla Rising ne se regarde pas, il se contemple. Pas parce que le paysage nordique revêt une majesté épique et sobre, mais parce que le film est lent, très minimalement narratif et de portée métaphysique. Que ce mot n’effraie pas ! Il n’y a aucun propos philosophique dans Valhalla Rising : presque personne ne parle ; le héros est carrément muet. Pourtant, des questions s’imposent : qui est ce grand guerrier invincible ? que cherche-t-il ? où débarque-t-on dans le chapitre « Holy Land » ? Comme rien n’est explicite, le sens du film ne peut s’élaborer pleinement qu’après la séance, dans une phase d’interprétation qui prolonge le plaisir du visionnement par la réflexion. Eh oui, l’affiche et la bande annonce sont partiellement trompeuses : Valhalla Rising n’est pas un film sanglant qui brasse des contingents sauvages de Vikings haineux ; c’est une œuvre d’art subtile, qui invite à plusieurs niveaux d’interprétation et dont les clefs se trouvent aussi bien dans l’histoire que dans la mythologie nordique.



Tout cela rend supportables la lenteur de la progression et l’inexpressivité des personnages. Le spectateur erre avec les chrétiens égarés, ce qui lui laisse tout le temps de s’installer dans les décors humides, tourbeux, sombres et sauvages. Une bande son très présente, un travail de montage original et des filtres appliqués à l’image contribuent à la réussite des ambiances à demi réalistes et à demi oniriques. Quelques scènes de combat à la hache ou à la main prennent le contrepied des séquences esthétiques et contemplatives. À travers le héros martial et divin, interprété par le solide Mads Mikkelsen, c’est la quintessence de la violence que le réalisateur danois Nicolas Winding Refn souhaite atteindre. Le petit budget du film n’a pas empêché le tournage de tueries marquantes. En revanche, la longue séquence statique de la barque, tout entièrement plongée dans la brume, respire moins le sel marin que les artifices de studio.


                                                                                                         Timothée Léchot

 



Le voyage interprétatif



Valhalla Rising, nous l’avons écrit, se vit et se contemple. Impossible d’y trouver une narration pleinement satisfaisante, démarche qui de plus est déconseillée par le réalisateur Nicolas Winding Refn : il invite en effet le lecteur à entrer dans « une transe hypnotique » (pari réussi : les images et la bande son sont tellement belles qu’on en est abasourdi) et à oublier toute « logique prosaïque ». Il déclare jouer avec les codes, « utiliser la façade, l'apparence, le cliché pour emmener vers quelque chose de plus abstrait et mental ».



On peut néanmoins se rabattre sur ces codes qui permettent au spectateur de construire lui-même sa propre « contemplation ». La mythologie et l’histoire nordiques tiennent une place importante dans le long métrage. Sur le plan historique, le réalisateur a choisi d’ancrer son intrigue au moment où les Vikings (dans notre cas des guerriers d’une communauté établie en Écosse) commencent à se convertir au christianisme, car la confrontation de religions permettait de montrer une confusion ambiante (la chrétienté qui détruit le mythologique, mais qui finit, à la fin du voyage, par être elle-même détruite par le paganisme) très présente dans le film. C’est de plus l’époque où les hommes du Nord découvrent le Nouveau Monde, ce qui permet d’introduire la thématique du voyage, intérieur ou géographique, également centrale dans l’intrigue.



La tradition scandinave peut aussi être retrouvée dans le long métrage : le guerrier à un œil rappelle Odin, dieu borgne qui choisit les guerriers tombés au combat pour défendre son royaume du Valhalla le jour du soulèvement de ses ennemis (c’est le titre du film), et qui a de plus a parfois une fonction de « passeur » sur une barque, emmenant des guerriers dans un autre monde. Les personnages comparent en effet One-Eye à un dieu à plusieurs reprises. Son destin final peut aussi marquer la fin d’un univers mythologique et un retour à d’autres sources.



Valhalla Rising, c’est donc un voyage entre deux mondes (les morts et les vivants ? L’Écosse et l’Amérique ?), le voyage d’un homme (d’esclave à guerrier, de guerrier à dieu et de dieu à homme) et, finalement, une histoire de « science-fiction » mode voyage temporel mais déguisée sous des codes nordiques, souhait premier du réalisateur. On ne peut que trouver certains repères pour le voyage hypnotique, et s’y abandonner. À vous de jouer avec l’énigme dans ce long périple contemplatif : c’est le souhait de Nicolas Winding Refn.


                                                                                                      Auréliane Montfort

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