






« Regardé de loin, sans préliminaire explicatif, Underwater Love ne ressemble à rien de ce dont on a l’habitude. Ce drôle de truc tient de la pornographie bizarre et du conte japonais pour enfants ; il a encore l’air d’une comédie musicale qu’on aurait bricolée dans la précipitation. C’est un pastiche de tous ces genres à la fois.
Regardé de plus près, Underwater Love rend surtout hommage à la tradition du pinku eiga, une forme de cinéma érotique japonais. Le film a été tourné dans les mêmes conditions que les autres productions de ce type, c’est-à-dire très rapidement – en cinq jours – avec un petit budget. Parfois, l’équipe s’est contentée d’une seule prise par plan. Aussi, quand le générique apparaît, on est surpris de découvrir, attaché à la caméra hésitante et vacillante, le nom de Christopher Doyle, un des plus solides chefs opérateurs du moment. C’est que Doyle s’est complu dans l’imitation des cadrages ratés et des zooms maladroits qu’on pouvait trouver dans les "films roses" japonais des années 1970. Bel exercice de style !
L’énergie maladroite des acteurs, qui n’est réprimée par aucune mise en scène trop précise, devient admirable de spontanéité dans les parties dansées. Les tâtonnements visuels du film concourent au même effet. Cela dit, une fois qu’on s’est repu de cette étonnante fraîcheur, Underwater Love se renouvelle peu et finit par croupir dans sa propre bizarrerie. »