






« Curieux film qui pareillement à Schastye Moe (My Joy), lui aussi en Compétition à Cannes cette année, fait preuve d'un sens du cadre éblouissant, mais d'un scénario à tomber par terre. Les mouvements de caméra sont posés, magnifiques et originaux. La lumière et la composition, sont, l'un comme l'autre, le résultat d'un perfectionnisme et d'un sens du drame admirable et éclatant. C'est tout bonnement sublime. Mais qu'est-ce donc que cette histoire? A mille lieues de raconter de manière détournée le mythe de Frankenstein comme c'était semble-t-il l'intention avouée du réalisateur, Tender Son: The Frankenstein Project (Un garçon fragile: Le Projet Frankenstein) déçoit et finit même par tourner au ridicule.
Entre les mises en abyme avec un casting où un réalisateur est incapable de trouver son acteur fétiche, les meurtres improbables et gratuits, les comportements incohérents des personnages et une fin poético-nihiliste, on a vraiment son quota d'éléments pour provoquer l'irritation et l'ennui. Le hongrois Kornél Mundruczó sait incontestablement filmer et utiliser sa caméra avec goût et intelligence, mais n'a tout simplement rien à nous raconter d'intéressant ni de subtil. On passe son chemin devant ce long-métrage qui hésite entre film d'auteur agaçant et film de genre grossier. »