






« Si No Country For Old Men reprenait déjà de nombreux éléments tirés du Western, voici que les frères Coen se consacrent totalement, et ce pour la première fois, à ce genre qui avait connu ses heures de gloires dans les années 40, 50 et 60. Ainsi, connus pour avoir adapté de nombreuses oeuvres littéraires à l'écran, les frères Coen s'attèlent une fois de plus à l'exercice en reprenant un ouvrage de Charles Portis, déjà adapté au cinéma par Henry Hathaway dans "Cent dollars pour un shérif" en 1970 (le film avait valu à John Wayne l'Oscar du meilleur acteur, le seul de sa carrière).
Si le film se veut bien moins lisse que la première adaptation, il n'en est pas moins drôle. La véritable réussite des Joel et Ethan Coen étant de généralement rester fidèles aux oeuvres qu'ils adaptent tout en y posant leur patte: leur humour au second degré. Le résultat est pour ainsi dire étrange, on ne sait parfois si l'on doit rire de quelques plaisanteries ou garder son sérieux face à une oeuvre dans son ensemble plutôt noire et dramatique.
Le film traite de la jeune Mattie (Hailee Steinfeld nommée à l'Oscar du meilleur second rôle féminin), 14 ans qui va tenter d'engager un marshal (Jeff Bridges) dans le but de venger la mort de son père, tué par l'un des malfrats de la région, Tom Cheney (Josh Brolin). Elle va ainsi entamer un voyage avec le marshal et un ranger texan (Matt Damon) à la recherche du criminel. Au casting, on retrouve de grandes pointures du cinéma hollywoodien, Jeff Bridges le premier en marshal bourru et alcoolique extrêmement drôle et proche de ces personnages que l'on peut retrouver dans les films de Ford ou de Hawks. Matt Damon et Josh Brolin complètent ce casting impeccable tout en virilité.
C'est un fait, ce film des frères Coen rend clairement hommage au genre, en y reprenant de nombreux éléments. Ainsi, le duo de réalisateurs ne cherche pas forcément à reinventer le western mais de par son humour et en même temps sa noirceur, le spectateur y verra tout de même une réelle modernité qui frappera et désorientera au cours des premières minutes de projection.
Le film qui a en ce moment-même fait l'ouverture de le Berlinale ouvre une nouvelle page dans l'oeuvre des frères Coen, car c'est leur force, ne jamais s'enfermer dans un type de cinéma, toujours se réinventer, au contraire d'un Woody Allen ou d'un Martin Scorsese. »