






« Si le lycanthrope, un être humain capable de se transformer en une créature s'apparentant au loup les nuits de pleine lune, a fait son entrée au cinéma en 1935, lorsque Universal sort Werewolf of London de Stuart Walker, c'est bien The Wolf Man de George Waggner avec Lon Chaney Jr. et Claude Rains qui, six ans plus tard, marquera véritablement les esprits et se propulsera comme référence d'une nouvelle mythologie. Après Frankenstein, Dracula ou l'Homme Invisible, il faut dès lors compter, au sein du genre fantastique, sur la figure du Loup-Garou.
C'est à partir de ce film culte que le cinéaste Joe Johnston réalise aujourd'hui The Wolfman, remake porté tout particulièrement par l'interprétation de Benicio Del Toro et Anthony Hopkins. Des personnages formidables incarnés qui se meuvent dans des décors victoriens décadents avec un village, un manoir et quelques rues de Londres magnifiquement reconstituées. La photo, les cadres et les effets sonores sont eux aussi extrêmement réussis et il faut avouer que la première demi-heure de ce film est tout bonnement décoiffante. Mais de la suite, qu'en est-il? Regrettable qu'il est de constater que le film tombe finalement vite dans ce que Joe Johnston sait au fond si bien faire: les effets visuels. Et ce n'est pas sa filmographie qui nous contredira: Jurassic Park 3, Jumanji, Chérie, j'ai rétréci les gosses. Ni non plus son travail en tant que "art director visual effects" justement sur Stars Wars épisodes IV, V et VI ou sur Les Aventuriers de l'Arche Perdue. C'est ainsi que l'intrigue retombe rapidement à plat, que les aspects prévisibles se confirment et que le film d'effets prend toute la place. Au détriment donc de l'histoire qui perd tout son intérêt, tant Joe Johnston ne pas cherche à la fouiller, la retravailler et lui donner plus d'étoffe.
On regrette ainsi amèrement ce scénario qui se contente de si peu et qui manque du coup singulièrement de créativité et d'inventivité. On pensait être surpris – voire retourné – on ne fait que baver devant ces décors et sursauter aux brusques montées de volume et aux coups de griffes de la vilaine bébête. »