






« « Par le créateur de Sin City et de 300 ». Voilà ce qu’on trouve en guise d’accroche sur l’affiche du film. Arrêtons-nous quelques instants sur cette pratique publicitaire douteuse. Il conviendrait de définir ce qu’on entend par « créateur » (dessinateur de la bande dessinée originale ? concepteur de l’adaptation au cinéma ? scénariste ? réalisateur ?). Ce terme ultra-polysémique, utilisé ici pour permettre à la production d’être le plus évasif possible, pose donc problème. De ce fait, Frank Miller (le concepteur et dessinateur de Sin City, dessinateur de 300 et réalisateur/scénariste de The Spirit) remporte, grâce à cet écart de langage, toutes les casquettes.
Cette manière problématique de présenter les choses reflète bien le caractère exclusivement commercial du film. Les récentes adaptations cinématographiques de « Sin City » et de « 300 » ont tant rapporté qu’il convenait évidemment d’exploiter ces poules aux œufs d’or. En convoquant ces deux titres sur l’affiche du film, on était certain d’attirer les aficionados du genre dans les salles obscures… pour leur plus grand désarroi ! En effet, excepté un style formel vaguement similaire (on navigue entre des tons de noir et blanc parsemés d’éclat colorés), le contenu ne rappelle en rien les qualités exceptionnelles que présentaient les deux productions précédentes. Pire, on accumule les allusions aux plus grands (Tarantino, notamment), sans jamais arriver à leur niveau.
Le jeu d’acteur vient cependant relever (un peu) le niveau général du film. Samuel L. Jackson, en particulier, qui incarne le personnage d’Octopus. Jonglant successivement entre un samouraï, un cow-boy et un officier nazi, il arrive à presque convaincre. Gabriel Macht, le Spirit, quasi-inconnu du grand écran (pour qu’il soit « The Spirit » et personne d’autre aux yeux des spectateurs) offre une performance assez faible et la palette d’émotions qu’il propose est, selon nous, trop restreinte. Les femmes endossent des rôles de potiches séduites aisément par le charisme du héros. De ce fait, les grandes qualités de jeu de Scarlett Johansson, Eva Mendes, Sarah Paulson (et j’en passe) ne sont absolument pas exploitées. C’est fort regrettable.
En conclusion, évitez ce film si vous cherchez à découvrir un nouveau « Sin City ». On retrouve peut-être certains traits similaires, mais l’histoire ennuyante alourdit terriblement l’ensemble du film. Les fans de comics, eux, seront peut-être séduits par certaines qualités graphiques agréables car le style reste malgré tout particulier et probablement proche des planches originales. Mais à notre avis, cette adaptation est ratée.
VGT »