






« Les scandales financiers fleurissent en cette période de crise. Les journaux regorgent d’anecdotes, les entrepreneurs craignent l’inspection, les chasseurs d’escrocs pullulent. Mais si le sujet est d’actualité, nombreux sont tout de même les réalisateurs à s’en être emparé auparavant. Néanmoins, la Warner, et Sodenbergh, se souviennent d’une règle d’or dans le monde du commerce : innover dans un cadre connu. Le cadre : le FBI, une clique de puissants pourris, l’espionnage industriel, une taupe dans le tas.
L’innovation ? La voici selon eux. Alors qu’on reprend au hasard telle ou telle esclandre de l’univers des finances, l’histoire de Mark Whitacre qui a fait rage au milieu des années 90, on lui ajoute une spécificité qui fait toute la différence : The Informant est présenté comme une comédie. Je dis bien présenter. Car il faut s’accrocher pour rire. Si le ton du film est léger, certes, et si Matt Damon est tout à fait charmant malgré ses nouvelles rondeurs, Soderbergh a soit un sens de l’humour très particulier soit il s’est rendu compte au dernier moment que son film n’obtiendrait que peu d’entrées sans cette astuce marketing d’en faire publicitairement une comédie. Les situations n’ont rien d’hilarant, les dialogues n’ont rien des aériennes conversations galantes de Woody Allen, les acteurs n’ont rien d’un Buster Keaton ou d’un Groucho Marx.
Mais qu’importe ! Définir ce qu’est de l’humour est tout aussi vain en somme que de s’essayer à une définition du goût. Alors, si vous appréciez les histoires d’entreprises et que vos gags vous semblent anormalement peu efficaces lors de soirées festives, probablement que ce film est fait pour vous. Parce que, outre cette bizarrerie que de vouloir en faire un film humoristique, Soderbergh peut à nouveau se targuer d’avoir réalisé une œuvre de qualité. »