






« Lors de la première mondiale de The Human Resources Manager au Festival de Locarno 2010, Olivier Père annonce un film « profondément humaniste ». Evidemment, lorsque trop de sens tournent autour d’un même mot, ils finissent par s’annuler réciproquement. Ainsi, l’humanisme qu’invoque Père s’éloigne manifestement du noble idéal en l’humain raisonnable et rappelle plutôt ce détestable amalgame qui fleurit actuellement dans de nombreuses productions artistiques ou intellectuelles, et que ses ennemis définissent souvent comme « tout le monde, il est beau, tout le monde, il est gentil ». The Human Resources Managers, c’est un road-movie où il n’y a – malgré les apparences – que des bons bougres qui en croisent d’autres et tous vivent réconciliés dans un monde où tout est bien qui finit bien – exit les problèmes de la Russie post-communiste, du rapport entre Israël et Palestine ; les quelques difficultés bureaucratiques apparaissent comme de simples petits obstacles destinés à pimenter le parcours de nos héros, la pauvreté contribue au pittoresque des endroits visités. Ça dégouline un peu partout de bons sentiments, de larmoiements attendris et autres niaiseries. Complètement américanisé à tous les niveaux, cette ode mielleuse et anesthésiante séduira aisément par son optimisme béat. Deux heures de rêverie gnangnan qui nous font oublier les misères du monde : on aime tous ça ! »