






« M. Night Shyamalan nous livre ici sa toute dernière réalisation basé sur une idée ô combien originale : que se passerait-il si Mère Nature décidait de se débarrasser de nous, stupides humains destructeurs qui ne faisons que polluer notre planète la menant petit à petit à sa destruction. En visionnant le lancement, c'était avec une excitation totale que je me suis précipité à la première séance de ce film en qui j'avais placé le fol espoir qu'il ferait réfléchir un peu le spectateur sur le besoin de préserver notre planète. Le film démarre très bien avec une scène d'ouverture impressionnante où les suicides se succèdent à l'aide d'une mise en scène magistrale - superbe long plan séquence où la caméra filme les jambes d'un policier qui retourne son arme contre lui, l'arme tombe au sol et est ramassé successivement par deux passants qui se suicident à leur tour -, la musique renforçant la dimension étrange et presque surnaturelle de ces phénomènes horribles. Malheureusement, après cette excellente introduction, le film s'essouffle petit à petit et le suspens retombe quelque peu. Les explications que Shyamalan tente de nous exposer quant à ces phénomènes sont complètement incohérentes. D'ailleurs pourquoi a-t-il absolument voulu apporter une explication à ces évènements? Ses images sont toujours aussi magnifiques, tout particulièrement les gros plans sur les arbres qui, fouettés gracieusement par le vent, rapelle la touche naturelle chère à Therence Malick dans "La Ligne Rouge". Alors n'aurait-il pas pu se reposer sur la force de ses images, sur la force des éléments qui sont capable de détruire notre civilisation comme un simple fétu de paille et ainsi laisser le spectateur tirer ses propres conclusions? Non, à la place, le cinéaste tente d'apporter une explication qu'il veut peut-être rationelle - on ne sait pas vraiment quel est son opinion à ce sujet - et celle-ci, bien qu'intéressante, est sujette à des incohérences qui ne renforcent pas son propos. Et pour ponctuer le tout, malgré un Mark Wahlberg convaincant et un John Leguizamo qu'on ne voit que trop rarement, il offre un premier rôle féminin à une actrice absolument catastrophique dans son jeu, Zooey Deschanel, inconnue au bataillon des actrices et on le comprend tant son jeu monoexpressif est irritant. C'est au final une grande déception que ce "Phénomènes" : scénario faiblard, des scènes niaises entre Elliot et sa femme qui n'apporte rien au récit, des tentatives d'explications sur les phénompnes inutiles alors que la convaincante mise en scène de M.Night Shyamalan et la force de ses images auraient largement permis à son public de se forger sa propre vision des choses. N'y a-t-il pas meilleur moment de cinéma lorsqu'on sort de la salle et qu'on demande à son prochain "alors tu as compris quoi du film?", moment qui nous permet à nous tous cinéphile d'échanger nos idées et nos conclusions. C'est là la grande force de certains réalisateurs de faire de leur film des monuments où l'imagination prend le dessus sur le rationnel. Shyamalan devrait en prendre de la graine, il n'en est pas loin mais pour cette fois-ci, il a effectué une erreur de parcours et on ne lui en veut pas trop. »