<Zurich Film Festival
Sorties et actualités Cinema sur cinema.ch Cinéma à Lausanne et Genève
Affiche Film The Dark Knight Rises

The Dark Knight Rises

Poster - Film The Dark Knight Rises
Sorti le 25 Juillet 2012 · Action
Réalisé par Christopher Nolan
Avec Burn Gorman, Daniel Sunjata, Joey King, Massi Furlan et Josh Stewart.
« Huit ans après les événement de Dark Knight, le terroriste Bane est de retour à Gotham City. Son retour n'est pas sans conséquences, forçant la police et notre héro déchu, Batman, à reprendre du service. »

Un succès assuré quoi qu'il arrive


Critique par Jonathan Carballo – Cinema.ch

  

Juillet 2012 marque pour les fans du héros costumé la fin d'une longue attente après la claque du fameux Dark Knight de 2008. Ce dernier opus de la trilogie de Christopher Nolan peut aisément être considéré comme l'un des films les plus attendus de l'année, voire de la décennie pour certains. On devine donc le poids titanesque qui repose sur les épaules du cinéaste duquel l'on attend beaucoup, tant de la part des fans de la première heure (comics et séries télévisées) que des spectateurs s'étant familiarisés avec l'univers du Batman au travers des nombreux films ayant vu le jour.

L'épopée cinématographique de l'homme-chauve-souris commence en 1966, soit vingt-sept ans après la création du personnage parBob Kane. Baignant dans une atmosphère résolument pop, le rôle titre y est tenu par un Adam West au phrasé robotique accompagné de son (très) enthousiaste acolyte, Robin. Un spectacle tout en couleurs servi par une bande sonore mêlant basse endiablée et cuivres tonitruants dont l'impact est souligné par les onomatopées jaillisant à l'écran. (Si votre curiosité a été attisée, suivez le guide: http://www.youtube.com/watch?v=whgBnumr3QQ).

En 1989, Tim Burton reprit le flambeau et initia le succès planétaire de ce personnage au passé tourmenté. C'est lui qui a donné le premier à la franchise cinématographique cet aspect lugubre, qui transforma Gotham City en une ville infestée de brigands et qui visait un public plus mature, tant et si bien qu'après les critiques des esprits les plus puritains concernant Batman Returns on refusait de lui confier un troisième film. L'univers Batman s'enfouissait alors dans le kitsch des ampoules colorées et de la mauvaise direction d'acteurs de Joel Schumacher pour deux expériences difficiles au lecteur des comics de Frank Miller, d'Alan Moore et de Grant Morrison ayant redéfinis la personnalité du héros durant les années huitante.

2005. Un jeune cinéaste connu pour les scénarios un brin tordus (Following, Memento), propose une nouvelle lecture de la psyché de cet énergumène se baladant dans la ville et du même coup, du film de superhéros. Un véritable retour aux sources. La tragédie de l'enfance de Bruce Wayne, les années d'entraînement et la conception du style du justicier nocturne, autant d'éléments rafraîchissants revigorant l'intérêt du spectateur pour cet héros de sa jeunesse qu'il commençait déjà à oublier. Avec Batman Begins, les aliénés deviennent vraiment inquiétants comparés aux villains plus extravagants et cocasses des incursions précédentes, l'accent est mis sur le personnage de Wayne, tandis que la présentation de son alter-ego ce fait de manière quasi-schizophrénique.

A partir de ce moment, Nolan s'impose comme un cinéaste incontournable et remet le couvert en 2008 avec The Dark Knight. Une bombe dans le film de superhéros avec la prestation inoubliable d'un Joker complètement détraqué dont la folie semble contagieuse. Exit, l'explication improbable d'une chute accidentelle dans une cuvée d'acide ou d'un quelconque produit chimique (Batman de Burton ou "The Killing Joke" d'Alan Moore), chez Nolan, les personnages ont un passé trouble, il préfère laisser planer le mystère pour susciter curiosité et fascination (il utilise d'ailleurs la même astuce pour Bane dans son dernier très-long-métrage). Un scénario dont sourd le désespoir et la malice tant au niveau visuel que sonore. Le travail sur l'éclairage participe au pouvoir hypnotique du film et fait mouche dans cette intrigue contaminée par la corruption et le doute.

En regard d'un tel passé, The Dark Knight Rises, dernier volet de la trilogie, se voit assuré un succès colossal. Les premiers jours d'exploitation sont déjà rentrés dans l'histoire. Avec une recette de près de 160,9 millions de dollars lors du premier week-end, soit le troisième meilleur résultat après le dyptique Harry Potter et les reliques de la mort et The Avengers (207,4 millions de dollars). Aujourd'hui parler de The Dark Knight Rises esti impensable sans mentionner le drame survenu à Aurora lors de l'une des premières séances. Depuis, de nombreux cinémas ont prévu d'intensifier les mesures de sécurité, procédé sans doute inutile, mais néanmoins indispensable pour rassurer le spectateur.

Du haut de ces 165 minutes, The Dark Knight Rises vise le statut de conclusion épique. Le casting à lui seul dénote de cette volonté de laisser son spectateur bouche-bée. On retrouve les acteurs essentiels de l'univers crée par Nolan (Christian Bale, Gary Oldman, Michael Caine, Morgan Freeman) auxquels s'ajoutent toute une nouvelle équipe. Soit, grosso modo les "extracteurs" d'Inception,Leonardo diCaprio et Ellen Page en moins. On saluera la prestation de Tom Hardy dans le rôle du massif et charismatique Bane dont la voix et le regard nous captivent malgré ce dispositif recouvrant une grande partie du visage. Nous disions statut épique, car ce n'est plus à  du "mind-mess-around" que nous avons affaire ici, contrairement à l'épisode précédent, mais plus à un chaos généralisé et à une menace bien physique. Gotham devient dans The Dark Knight Rises non plus un décor, mais un personnage en soi, tantôt bourreau, tantôt victime.

La musique de Hans Zimmer a tendance à s'emporter et à massacrer les tympans à grands coups de percussions militaires durant la seconde partie du film, alors que la première partie, elle, s'étend en de nombreuses scènes longuettes. Malgré de nombreux effets visuels réussis, le film souffre d'un grave problème de rythme et de fluidité qui tasse le spectateur au fond de son siège et peut transformer le fan fébrile en quidam apathique.

Effectuant de constants retour au passé, l'intrigue nécessite d'avoir vu les deux autres épisodes pour pleinement en saisir le sens, mais abuse de flashbacks et d'allusions soutenues. Malgré le bon jeu de Michael Caine, sa prestation perd de sa force tant certaines scènes semblent avoir été insérées et tournées à la manière d'un clip vidéo. On s'ennuie presque devant autant de longueurs et un délire grandiloquent est palpable. Le défaut principal étant, au final, l'incapacité de satisfaire aux attentes engrangées par la filmographie de Christopher Nolan, mais surtout par The Dark Knight.

6 Photos

« The Dark Knight Rises (2012) »« The Dark Knight Rises (2012) »« The Dark Knight Rises (2012) »« The Dark Knight Rises (2012) »« The Dark Knight Rises (2012) »« The Dark Knight Rises (2012) »

Fans



Cette fiche/critique a été consultée 1179 fois