






« Ce n'est pas si habituel de s'attaquer fictionnellement aux problèmes de banlieue. Le premier film de Pascal Elbé vise le réalisme sans y parvenir (peut-on être réaliste au cinéma...), mais il ne plonge toutefois pas dans d'absurdes pérégrinations ratées. Bora, un adolescent turc d'une quinzaine d'années et galvanisé par une bande, se retrouve complice de l'agression d'un médecin que les jeunes ont confondu avec un flic. Du haut d'un toit, ils lancent des pierres et des objets lourds sur sa voiture en train de démarrer, et pour clore ce lynchage-chat perché, Bora lance un cocktail molotov. Le médecin évanoui et entouré de flammes s'en sort grâce à celui même qui a failli le tuer, poussé au dernier moment par sa bonne conscience à un acte héroïque. Le gouvernement s'empare du sujet et médaille Bora, alors que la victime est dans le coma. Le frère du médecin, un vrai flic au passé nuageux, doute de l'héroïsme de l'adolescent et mène son enquête.
Un scénario de base non dénué d'intérêts parasité le long du film par un grand nombre de lourdeurs (une gentille famille turque aux abois avec des méchants banlieusards, ceci sans nuance) et surtout par un manque de respiration assez grave: de a à z, toute l'action, toutes les répliques, toutes les images subissent l'intrigue principale, à croire que ces personnages servent la tragédie plutôt que l'authenticité. Ils en perdent leur côté humain malgré la caméra au poing, très en vogue d'ailleurs pour réalismer.
Le film tente donc de brosser un portrait d'une banlieue dans une histoire plus ou moins digne d'un bon film à portée sociale. Cela peut se voir. »