






« Honnêtement, à la lecture du menu, on pouvait craindre le pire de cette proposition suisse-allemande: une histoire abracadabrante, des images du type « carte postale vieillie », du kitsch à profusion, entre vaches qui dansent et tomates sauteuses… Au vu des capacités du cinéma suisse à rater les films de genre (en témoigne le ridicule Humains, à ne pas découvrir tout prochainement), ce Tandoori Love promettait, en lieu et place de l’hommage à Bollywood annoncé, une bonne dose de ridicule involontaire.
Mais voila, la sauce, épicée avec doigté, prend, et plutôt bien, sous la caméra agile d’Olivier Paulus. Les idées coquines se succèdent (qui n’a jamais rêvé à la Migros d’ouvrir un propret paquet de cerises confites pour y glisser ses doigts), le choc culturel est dépeint de manière intelligente et subtile, et la légèreté de l’ensemble conduit le spectateur dans une douce rêverie, pleine de saveurs et d’odeurs. Enfin, et ce n’est pas le moins surprenant, malgré l’avalanche d’incohérences, on se surprend à croire à cette histoire d’amour impossible entre une bernoise pure souche et un indien, qui préfère la cuisine à la force brute comme arme de séduction massive. La musique enfin, élément incontournable de tout bon Bollywood, a été mise au diapason pour porter cette fable vive et colorée.
Une véritable cure ayurvédique, donc, pour le spectateur sorti éreinté du pachydermique Slumdog Millionaire.
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