






« Départ et stagnation, jeunesse et vieillissement, mort et naissance... Les couples de contraires qui déchirent Nour et son mari Iyad sont à la base de Tanathur (Last Days in Jerusalem), un film-blessure sur les relations amoureuses. La localisation de l'intrigue dans la partie est de Jérusalem, une ville elle-même déchirée, porte la blessure à un niveau supérieur, métaphysique si on voudra. "Toute famille est malheureuse - chacune à sa manière", affirme le réalisateur palestinien Tawfik Abu Wael, citant Tolstoï, dans une note d'intentions.
Le film explore et illustre cette thèse, sur le mode symbolique. Il ne montre pas une action, pas une parole qui ne renvoie à la blessure du couple, à sa géographie croûteuse, à ses cicatrices, à ses sutures rouvertes, à ses douleurs et à ses baumes. La blessure a un centre, et même un centre de gravité, dont les personnages n'arrivent pas à s'arracher: le bloc opératoire de l'hôpital, au coeur de Jérusalem, lieu de soin et lieu de mort, lieu des plus pesants traumatismes.
La symbolique fonctionne donc à merveille, mais le second degré du film semble écraser le premier: l'histoire et les personnages manquent parfois de crédibilité; l'interprétation et la mise en scène paraissent faciles et peu fouillées. »