






« Ang Lee, producteur, scénariste et réalisateur de Tigre et Dragon, Hulk ou plus récemment Brokeback Mountain, s'attaque ici à l'adaptation d'un livre de Elliot Tiber dans lequel celui-ci se met en scène, à la fin des années 60, lors de l'événement Woodstock. Ang Lee s'attaque ainsi à un sujet difficile à traiter au cinéma, d'autant plus qu'il a déjà fait l'objet d'un documentaire « exhaustif » de trois heures par Michael Wadleigh en 1970 (avec au montage l'assistance de Scorsese).
Du point de vue de l'intrigue, Ang Lee s'en sort remarquablement bien. Tout coule et s'enchaîne sans heurts dans une histoire pleine d'humour. Le cinéaste s'en sort là aussi très bien puisque que la comédie n'est pas un genre qu'il avait embrassé jusqu'alors. Le gros bémol va tenir en premier lieu à la bande originale triste à pleurer : lorsqu'on a la volonté de traiter un événement comme Woodstock, on tâche avant tout d'acquérir des droits musicaux. Car avant d'être culturel et historique, c'est d'abord un événement musical, faut-il le rappeler. Aussi vous n'aurez droit ni à Janis Joplin, The Who ou Jimi Hendrix. Alors dans le style film rock, on préférera cent fois The Boat That Rocked (Good Morning England) actuellement en salle. Outre cet impardonnable défaut, on résiste difficilement à ne pas critiquer cette présentation élogieuse de Woodstock. Sans aucune distance, sans aucun recul, Ang Lee réalise une dithyrambe naïve et sans profondeur. »