






« Super 8 est, a-t-on envie de dire avant tout – tant son empreinte y est présente – un film produit par Steven Spielberg. Espèce de remake, ou plutôt de réutilisation des idées qui avaient fait le succès de E.T., cette chasse au monstre par des gamins à bicyclettes, sur fond d’affaire louche du gouvernement, nous replonge dans les années 80 afin de voir, péniblement pour certains, nostalgiquement pour d’autres, un film que l’on a l’impression d’avoir déjà vu…
Le début du film, tout à fait extraordinaire il faut le dire (on pense à la scène du train, qui nous démontre que l’on n’a besoin ni des gadgets de robots transformables ni de baguettes magiques pour nous couper le souffle), nous promet quelque chose d’assez grandiose. Mais le manque d’originalité du scénario finissant par se confirmer, nous nous plongeons petit à petit dans un léger ennui, relativement agréable. On regrette ainsi le traitement du « méchant », plutôt fade, l’aspect trop simpliste des personnages d’adultes et l’abandon fort dommage, au fur et à mesure que l’action prend de l’ampleur, de la psychologie des enfants, pourtant très habilement dépeinte au départ. On est aussi un peu gêné par la franche naïveté et simplicité avec laquelle un thème comme le deuil de la mère y est présenté et (youpi !) résolu.
Restent quelques superbes moments de mise en scène, comme ces plans étrangement vides qui, à la manière de Jurassic Park, appellent l’apparition angoissante et soudaine du monstre ; ainsi que ces moments particulièrement amusants et touchants où les gosses tournent leur propre film de zombie, invoquant ainsi directement Abrams et Spielberg tournant leurs premiers films en… super 8. »