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Affiche Film Sleeping Beauty

Sleeping Beauty

Poster - Film Sleeping Beauty
Sorti le 11 Janvier 2012 · 1h44
Réalisé par Julia Leigh
Avec Joel Tobeck, Chris Haywood, Emily Browning, Les Chantery et Matthew Whittet.
« Une jeune étudiante qui a besoin d'argent multiplie les petits boulots. Suite à une petite annonce, elle intègre un étrange réseau de beautés endormies. Elle s'endort. Elle se réveille. Et c'est comme si rien ne s'était passé... »

Noirceur vaine et complaisante


Critique par Mathieu Poget – Cinema.ch

« Quel est le moyen le plus commode et le plus simple d'évoquer le personnage de la Belle au bois dormant à notre époque, et ce sans tomber dans l'avalanche lénifiante de bons sentiments? Pour la réalisatrice Julia Leigh, dont c'est ici le premier film, la recette semble assez évidente: il suffit de peindre tout en noir, d'ajouter encore une cuillerée de perversité et un zeste de glauque. Pas plus compliqué. Laissez ensuite mijoter le tout, et voilà ce Sleeping Beauty à la sortie du four. Seul inconvénient à cette formule, c'est qu'en comparaison à la dictature disneyienne de la frivolité et de la niaiserie sentimentale, Sleeping Beauty n'ajoute pas une once de subtilité et se trouve capable d'agacer probablement autant.

La cinéaste place ainsi sa Belle au bois dormant dans une grande métropole du début de XXIème siècle. Étudiante on ne sait trop en quelle matière, la malheureuse n'a pas un rond, enchaîne les petits boulots typiques: serveuse dans un bar, cobaye pour la recherche médicale, employée à la reprographie dans une vague boîte, etc. Elle peine malgré tout à payer son loyer et ses colocataires aux cheveux longs la menacent quotidiennement de la mettre à porte. Après, il n'y a bien entendu aucun prince charmant. Le seul brave type du film dont elle apprécie réellement la compagnie est un mec bizarre, pauvre et toxico, les autres hommes se résument quant à eux à des pervers friqués. Deux camps: les pauvres bougres et les vilains. Perdue dans ce monde morose et sans espoir, la Belle se shoote à ce qui passe, couche à pile ou face et vit la nuit comme le jour. Jusqu'au jour où lui sera offert l'opportunité de gagner beaucoup d'argent sans trop d'efforts...

S'ensuit une descente aux enfers dans laquelle la jeune fille, à la silhouette délicate de Naïade et au teint de porcelaine, met son corps au service et au bon plaisir de richissimes vieillards débauchés. Le problème ici – qui s'ajoute à celui de la complaisance dans la noirceur – c'est que des grands sont déjà passés par là, par ces thèmes, et que les chemins sont plus que balisés, que ce soit Kubrick et son Eyes Wide Shut par exemple, mais surtout Pasolini et Salò ou les 120 Journées de Sodome ou encore La Grande Bouffe de Ferreri. Reste qu'il n'est même pas nécessaire d'avoir vu ces films pour être saisi d'une impression de déjà-vu et se désoler de la vacuité de ce scénario qui ne mène à rien et brille par son absence de propos. Aucune épaisseur, aucune étoffe.

Dommage pour ce premier long dont la première séquence, glaçante et intrigante, laissait présager beaucoup mieux et dont le travail photographique (Geoffrey Simpson) rappelle par moments le meilleur du cinéma scandinave, tant par son esthétique que par sa composition. »

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