






« C'est bien connu, le sexe fait vendre. Combien de séries distillent des scènes croustillantes pour faire saliver son téléspectateur? Combien de clips musicaux ont recours à des chorégraphies plantureuses pour accompagner leurs refrains sommaires? Parler de sexe c'est également s'assurer que le film touchera, d'une façon ou d'une autre, le paysage cinématographique, que ce soit en créant une naïve polémique ou en permettant à certains de saluer un certain lyrisme.
Steve McQueen est au courant de tout cela et utilise ces connaissances pour construire sa mise en scène. Dès le début, la nudité se présente entière, elle se donne à voir, à contempler. La mise en cadre aidant, le spectateur devient voyeur et aperçoit ce qu'il ne devrait pas voir, car appartient au domaine de la vie privée. Shame détruit le concept d'intimité et de tabou. Masturbations, relation quasi-incestueuse, pannes sexuelles envahissent l'écran.
Progressivement, le personnage joué par Fassbender cherche à susciter de l'empathie chez le spectateur et quelques scènes volontairement tordues viendront souligner le caractère malsain de sa dépendance, bien que jusqu'alors Fassbender avait davantage susciter admiration, jalousie et rêveries fantasmagoriques de part son aisance à séduire et conquérir toute femme désirable venant à se présenter à l'écran.
Un film se voulant hypnotique, avec quelques beux moments, mais dont la volonté trop appuyée de fasciner son audience finit par nous plonger dans un déplaisant engourdissement.
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