






« Le synopsis peut faire peur, et à juste titre. Combien de fois avons-nous vu débarquer des films dramatisants sur des maladies mortelles et un amour impossible. Vous pouvez dès à présent oublier tout ça et ranger vos mouchoirs, car le réalisateur évite le pathos pour nous offrir une oeuvre très intelligente, voire même nous dépeint ce qui a pendant longtemps été le Graal des réalisateurs, le véritable amour. Pas de romantisme larmoyant, ni de déclarations grandiloquentes. Ici, la rencontre se fait dans une boîte de nuit douteuse de Phnom Penh, avec une jeune prostituée. Et ce qui fait la force de ce film, c'est le subtil équilibre entre l'apparente convoitise et les différences culturelles, ou encore entre l'amour et l'envie d'aider les plus démunis. On n'arrive pas à distinguer le moment à partir duquel leurs sentiments changent. Et malgré ce réalisme parfois cruel, il en sort une poésie un peu amère et douce en même temps. La mise en scène dessert à merveille le scénario, rien que les premières minutes, les premières images, nous plongent dans l'histoire. Les images, justement, sont non seulement d'une rare beauté, mais sont en plus efficaces, porteuses de sens, et retranscrivent avec authenticité l'ambiance du Sud-est asiatique. Et également une mention spéciale pour la bande son, qui utilise des chansons populaires rarement entendues au cinéma, plutôt étonnantes (Rammstein, Louise Attaque). Celles-ci ont toutes comme thème commun l'amour, mais bien loin des chansons romantiques. A noter, entre autres, la chanson de Charles Trenet aux couleurs parisiennes, alors que le couple navigue sur une rivière cambodgienne. Il n?y a pratiquement rien à redire sur ce film qui est sans nul doute le meilleur de la Piazza Grande de cette année. »