






« Bourgeoise, célèbre, mondaine, chaotique, nonchalante, truculente, excessive, Françoise Sagan fut une icône immense, une véritable vedette de la dernière moitié du siècle passé, connue aussi bien pour ses frasques que pour ses romans. Un personnage charismatique donc, que, à l’instar de Marion Cotillard dans « La Môme », Sylvie Testud incarne avec mæstria : du phrasé si particulier de l’écrivaine à sa gestuelle empotée, Testud nous offre une Sagan d’une grande justesse. Le reste du casting n’est d’ailleurs pas en reste, puisque Pierre Palmade, Arielle Dombasle, Jeanne Balibar et Denis Polyadès sont, entre autres, au rendez-vous. Si ce « biopic » a pour lui la qualité des performances des acteurs, le film insiste peut-être trop sur l’image d’une Sagan fantasmée. « Sagan » apparaît comme l’histoire d’une femme un peu fofolle qui tombe dans la littérature avant de tomber dans la drogue et la solitude. Mais, en fin de compte, Diane Kurys nous en donne guère davantage. On est certes régulièrement informé, dans la succession des tourments de la romancière, que celle-ci écrit effectivement des livres : mais qu’y a-t-il de plus réducteur, pour rendre le labeur qu’est le travail de l’écrivain, que de citer au passage quelques bons mots de celui-ci ? Françoise Sagan n’était pas un Beigbeder qui aurait mal tourné. Son talent n’était pas celui d’être une cocaïnomane hédoniste roulant à toute allure sur les routes de campagne, son talent n’était pas d’être « un charmant petit monstre » comme le disait d’elle Mauriac. Son talent était dans l’écriture et non dans sa déchéance et son allure excentrique, sur lesquelles Kurys s’attarde décidément trop. »
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