65th Cannes Film Festival
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Saç (Hair)

Poster - Film Saç (Hair)
2h00
Réalisé par Tayfun Pirselimoglu
Avec Ayberk Pekcan.
« Dans un quartier délabré d'Istanbul Hamdi, un vendeur de perruques, se sent désespérément seul, passant ses jours et ses nuits dans sa boutique, qui est aussi son domicile. Malgré le peu de temps qui lui reste à vivre, ce fumeur invétéré atteint d'un cancer, continue à enchaîner les cigarettes en fixant une une prostituée vêtue de rouge qui fait le trottoir de l'autre côté de la rue. Convaincu qu'il rapetisse, Hamdi se mesure tous les jours. Il n'espère plus rien avant sa mort, sauf peut-être partir très loin ; le Brésil apparaît alors comme l'endroit le plus éloigné auquel il puisse penser, un paradis sans douleur. Un jour, une femme, Meryem, vient à sa boutique pour vendre ses très longs cheveux. Hamdi sidéré la contemple puis lui coupe les cheveux tandis que Meryem cache ses larmes. Obsédé par elle, Hamdi la suit à sa sortie du magasin. Quand Meryem, mariée à un minable qui vit de la toilette des cadavres, s'aperçoit que Hamdi la poursuit, la situation devient encore plus bizarre? »

Critique par Nicolas Wittwer – Cinema.ch

« La première image laisse présager une œuvre maîtrisée et intéressante : un long plan serré sur le visage de Hamdi, éclairé tout en contraste sur un fond verdâtre et froid. Si cette entrée frontale et prenante suscite un réel enthousiasme quant au film à venir, on se rend bien vite compte qu’elle ne tend qu’à donner le ton immuable du film. Le rythme est incroyablement lent, les personnages sont ennuyés, inactifs, seuls. Il n’y a que la présentation du personnage principal qui se déroule rapidement : Hamdi est perruquier, souffre désespérément de solitude, est atteint d’une maladie incurable et devient obsédé par une femme venue vendre ses cheveux à son magasin. Cette situation de base est posée dès les premières minutes, laissant les deux heures suivantes la faire évoluer, sans rupture de rythme, recherche d’action, débordements d’idées, ou la construction d’un propos cohérent.
Malgré la volonté de faire tenir le récit par l’absurdité, celui-ci en devient finalement davantage invraisemblable à mesure qu’il se focalise sur cette approche. Le problème de ce paradoxe évident se situe dans le traitement même de l’absurde. Le non-sens ne vient en effet pas en contradiction avec la réalité sociale représentée, mais s’y insère sans décalage et sans poésie, ne produisant de fait pas l’effet désiré. L’absurde paraît donc presque invisible et n’est assurément pas l’élément qui retient l’attention. De cette constatation en résulte un propos flou : le film se positionne-t-il uniquement comme une œuvre absurde ? Se déroulant à Istanbul (bien que la ville et ses habitants ne soient pas directement identifiés) propose-t-il un discours ou une réflexion sur la Turquie actuelle?
De par son traitement ambiguë, le film oscille donc entre un drame social « réaliste » et une absurdité revendiquée, le rendant ainsi difficile à suivre et finalement assez vain, en dépit de plans souvent d’une saisissante beauté, de quelques idées astucieuses, et d’un dénouement surprenant et inattendu.
Lorsqu’on connaît la vitalité du cinéma indépendant turc actuel, il devient ainsi difficile de se satisfaire de Saç et on préférera ainsi amplement découvrir cette cinématographie à travers des films comme Sonbahar (Ozcan Alper, 2008), Süt (Semih Kaplanoglu, 2008), Uzak (Nuri Bilge Ceylan, 2002), ou encore Men on the Bridge (Asli Özge, 2009, vu par ailleurs à Locarno l’année passée), qui, tout en comportant autant de personnages en détresse, parviennent à transmettre leurs idées et leurs réflexions avec bien plus de profondeur et de finesse.

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Bande annonce & Vidéos

6 Photos

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