






« C'est l'histoire de Blu, macao (bleu, donc) recueilli et domestiqué par une petite fille à grosses lunettes dans une ville du Minnesota au climat frigorifique, qui se voit transporté au Brésil pour empêcher l'extinction de son espèce. Il y tombe donc sous le charme de Perla, dernière femelle au caractère bien trempé de cette espèce volatile bleutée et qui n'en a que faire d'un oiseau ne sachant voler. Toutefois, pour éviter d'y laisser toutes leurs plumes, le couple sera très vite amené à s'entraider afin d'échapper aux griffes d'un trio de braconniers fans de carnaval (mais qui ne l'est pas au pays de la samba?).
L'équipe de la trilogie préhistorique d'animation Ice Age change radicalement de climat en nous proposant un aller simple pour Rio… et tout est là pour la fiesta! Un rythme effréné obtenu grâce à un savant mélange de couleurs éclatantes, poursuites déjantées et insertions propices de chansons désopilantes; des plans vertigineux et époustouflants où l'ingénieuse utilisation de la 3D donne même l'illusion de frôler en plein vol la main du Christ surplombant la ville; des personnages et side-kicks - plumés ou non - hauts en couleur étoffant le récit, avec des mentions spéciales à l'incroyable élégance et malice du méchant perroquet de service (Nigel) et au bouledogue Luis, fêtard invétéré mais fragilisé au plus profond de son être par sa condition médicale irréversible de baveur chronique. A l'image d'une séquence d'ouverture très prenante, le spectateur est embarqué dans un grand carnaval chromatique et sonore à l'intérieur d'un décor de rêve.
Seul hic, le conception des humains et le traitement de leur émotions. Car n'est pas Pixar qui veut. Le gap à ce niveau-là entre les deux écuries de films d'animation est flagrant, car là où Là-haut nous émouvait aux larmes avec un "simple" enchaînement d'images sans dialogue accompagnant notre entrée dans le film, Rio nous fait presque sortir de l'intrigue avec son désir pourtant louable de réalisme dans le rendu des émotions humaines. Un désir passant souvent par l'utilisation de la parole, qui sonne faux. Néanmoins, ce même réalisme reste le bienvenu lorsqu'il nous ouvre une brève mais importante fenêtre sur l'autre face de la ville en affichant la pauvreté de la capitale et ses favelas, offrant ainsi une dimension supplémentaire à le ce long-métrage dont nous sortons avec une envie certaine de nous secouer et de chantonner des airs sud-américains… ou du Lionel Ritchie. »