






« Miraculé d’un accident de voiture qui a néanmoins coûté la vie à ses parents, Enoch traîne sa petite gueule de poète maudit borderline aux enterrements d’inconnus pour apprivoiser la mort et le deuil. Il a quitté le lycée à cause de son comportement asocial et a pour seul compagnon Hiroshi, un fantôme de kamikaze japonais avec qui il joue à la bataille navale et erre à travers les feuilles mortes des cimetières. Annabelle est une lumineuse jeune fille passionnée par la nature, en phase terminale de cancer mais cependant pleine de joie de vivre. Ils se rencontrent, tombent amoureux et décident de vivre les trois derniers mois de vie de la jeune fille à fond. Un mouchoir ? Pas vraiment.
L’intrigue de la mourante radieuse qui apprend à vivre à un Eteint en mal d’existence n’est certes pas un sujet des plus originaux, et reste casse-gueule, même traité de manière légère, délicate et décalée comme le fait Gus van Sant. Mais avec son absence de pathos, son soupçon de révolte, son fréquent humour et sa surabondance de lumière, l’histoire d’Enoch et Annabelle se distingue finalement des autres bleuettes. Le final elliptique sera peut-être considéré comme une solution de facilité, mais il permet au spectateur d’échapper à la pesanteur de l’inéluctable, soit le souhait le plus cher d’Annabelle.
La meilleure surprise, ce sont les jeunes acteurs. On a déjà pu remarquer la mutine Mia Wasicowska dans l’Alice au Pays des merveilles de Burton. Très juste dans son rôle d’héroïne sur le déclin et en même temps à l’apogée de son existence, elle insuffle ce qu’il faut de sérieux, d’insouciance et de légèreté au personnage d’Annabelle. Mais c’est cependant Henry Hopper la vraie révélation du film. Fils du regretté Dennis Hopper, le charmant jeune homme de 21 ans, arty et diaphane, crève l’écran avec sensibilité et radiance (encore) à travers son personnage d’adolescent décadent. Bonne chance à lui.
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