






« Le nouveau film de Shawn Levy est adapté de la nouvelle Steel écrite par Richard Matheson (I am a Legend) en 1956, où une humanité en mal de sensations forte utilisait des robots pour simuler des combats ultra-violents et excitants. Matheson signait là un récit d'anticipation un peu glaçant qui semble se confirmer aujourd'hui dans la dimension virtuelle, à notre époque où le shoot'em all est devenu un sport de salon.
Pour un film qui traite de féraille, Real Steel redonde des grands sentiments. Rien ne nous sera épargné: les scènes du gamin mignon qui fait des yeux de cocker, du père adulescent qui ne sait pas assumer son rôle de géniteur, de la copine fan numéro un qui se retient de s'attacher à un mauvais garçon, du tocard en qui personne ne croit qui devient une référence dans son sport, ou encore des moments symphoniques-larmes-à-l'oeil jalonnent ce grand divertissement abordable dès l'âge de 10 ans environ.
L'intrigue a la subtilité d'un uppercut, les méchants sont caricaturaux au possible - mention spéciale pour avoir réussi à enlaidir autant de figurants en punk-motards-bouseux à petit budget avec une choppe de mousse bien cheap à la main - , mais le film reste néanmoins un exemple efficace du genre, et pas aussi irritant que la bande-annonce le laissait penser. Les androïdes de boxe sont réussis, les combats parfaitement maîtrisés, tout comme l'est l'allusion aux nouvelles technologies, discrètes, dans ce futur proche où les geeks sont les maîtres du ring. Hugh Jackman, tous biceps dehors, s'éclate visiblement en entraîneur de Rocky-droïde, tout comme s'éclateront les spectateurs les plus "bon-public". »