






Tout comme Prométhée condamné sempiternellement à se faire dévorer le foie, les membres de l’expédition homonyme –à défaut d’apporter le feu à l’Homme– subiront sa damnation. Prometheus qui fait office de prequel d’Alien ouvre sur des plans larges de paysages désolés ; un vaisseau passe au-dessus dans un bruit assourdissant qui fait vibrer les basses de la salle. On est loin du huis-clos du premier opus mais la 3D trouve tout son sens dans ces scènes.
Prometheustient toute ses promesses : retour d’un grand dans la science-fiction, retour d’un titanesque cinéaste vers la saga Alien. Quel plaisir de retrouver les valeurs sures de Ridley Scott ! On reconnaît bien sa touche : une héroïne « masculinisée » (c’est-à-dire forte, luttant seule face à la menace) et la présence rare mais ô combien angoissante de cette même menace. Ses thèmes de prédilection ne sont pas en reste : questionnement métaphysique sur l’origine de l’homme face à Dieu, la notion d’humain appliquée à un androïde… Tant de question dont le film ne répond pas. Mais ce n’est que pour mieux nous captiver. Sans aucun doute, Ridley Scott devrait se cantonner à la science-fiction, laisser parler tout son talent dans ce genre qu’il sublime. La première partie axée sur la découverte archéologique extraterrestre est parfaitement maitrisée, saisissante et extrêmement captivante (plan subjectif et grande découverte). En somme, des séquences qui illustrent la maxime « La curiosité est un vilain défaut ». La suite ne peut être raconté de peur de trop dire.
Pour qualifier Prometheus, il suffit d’ouvrir le dictionnaire des superlatifs même s’il souffre de quelques défauts tout à fait pardonnables : personnages légèrement clichés, nature de l’endroit révélée abruptement, relation père-fille à peine abordé (heureusement pour nous) et la fin frustrante nous laisse sur notre faim. Prometheus fait oublier le temps qui s’écoule, transforme deux heures en une demi heure de bonheur.