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Affiche Film Post Tenebras Lux

Post Tenebras Lux

Poster - Film Post Tenebras Lux
Sorti le 20 Février 2013 · 2h00 · Drame
Réalisé par Carlos Reygadas
Avec Nathalia Acevedo, Adolfo Jiménez Castro et Willebaldo Torres.
« Juan et sa famille ont quitté leur ville de Mexico pour s'installer à la campagne où ils profitent et souffrent d'un lieu qui voit la vie différemment. Ces deux mondes coexistent pourtant, sans savoir s'ils se complètent réellement ou si chacun lutte pour la disparition de l'autre. »

Poseur, décousu, éprouvant


Critique par Mathieu Poget – Cinema.ch

Après Bataille dans le ciel (2005) et Lumière silencieuse (Prix du Jury à Cannes en 2007), l’audace plastique de Carlos Reygadas semble, cette fois, tourner à vide. Au titre m’as-tu-vu, Post Tenebras Lux se complaît dans des transes esthétiques sans souvent aucun lien entre elles, joue de l’ellipse avec satisfaction, le tout dans un grand désordre narratif, ponctué de prétentions mystico-auteurisantes. Mazette, voilà de quoi frôler l’indigestion.

 

Poseur, ce dernier-né de Reygadas a surtout le défaut d’être constitué de segments quasi systématiquement inaboutis, confus et qui prennent un malin plaisir à aligner des métaphores aussi ineptes qu’épaisses. On y croise un mexicain qui bat un chien, puis lui donne un gros nonos, de jeunes anglais à un banal entrainement de rugby, une partie d’échecs entre vieillards, un club d’alcooliques anonymes avec de nouveaux personnages qu'on ne reverra plus, une femme qui a des migraines et qui refuse de satisfaire son mari, mais qui, une scène plus tôt, se fait prendre par plusieurs hommes dans un club échangiste français (?) dans une salle nommée « Hegel »... Et puis, il y a aussi ces arbres qui tombent, ces nuits d’orage filmées longuement et une espèce de Belzébuth rouge fluo, dans une (très) mauvaise 3D, qui se ballade par deux fois dans une maison avec une caisse à outils…

 

Bref, cela n’a pour ainsi dire ni queue ni tête, sorte d’agglomérat pâteux de souvenirs qui se suivent et ne se ressemblent pas, et dont le cinéaste a pris un soin tout particulier à ne pas réorganiser et à n’y mettre aucune cohérence. Il filme l’ensemble dans un format carré (du 1:33), avec l’effet curieux, pour ne pas dire sybillin, de flouter les bords sur une majorité de plans. De cet ensemble disparate et décousu, il y aura certes bien quelques moments d’émerveillement comme cette séquence d’ouverture aussi longue que belle, qui met en scène une enfant ébahie et enchantée, dans une clairière perdue au milieu de la nature, avec des vaches et des chiens qui circulent autour d’elle, alors qu’un orage est sur le point de faire rage. Mais outre ces quelques rares moments de grâce, ce cinéma sensoriel, qui ne se soucie d'aucune rationnalité, finit surtout par lasser plutôt que fasciner. On en ressort éreinté, agacé, tant le style y est, en définitive, affecté et éprouvant.

Bande annonce & Vidéos

8 Photos

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