Cinéma Lausanne Genève
Affiche Film Pepperminta

Pepperminta

Sorti le 3 Février 2010 · Drame
Réalisé par Pipilotti Rist
Avec Sabine Timoteo, Sven Pippig, Bernarda Reichmuth, Joe Zroug et Silvia Fenz.
« Premier film pour le grand écran de l'artiste suisse-allemande Pipilotti Rist, elle y raconte la fable d'une orpheline du nom de Pepperminta, laquelle échange des élucubrations philosophiques avec un oeil géant qu'elle appelle «grand-maman» tout au long de sa jeunesse avant de se lier d'amitié, une fois adulte, avec plusieurs personnages hauts en couleur. C'est alors qu'un jour, elle emmène tout ce beau monde en voyage dans le but de libérer l'humanité tout entière de ses inhibitions et de toutes sortes d'oppressions! »

La joyeuse mélasse de Pipilotti Rist


Critique par Adrian Aeschbach – Cinema.ch

« La réalisatrice de ce film très coloré, Pipilotti Rist, est l’une des artistes suisses les plus connues et renommées au monde. Vidéaste accomplie, elle expose, depuis de nombreuses années, dans les plus hauts lieux de l’art contemporain . Avec Pepperminta, c’est pourtant la première fois qu’elle réalise un film pour le cinéma, un changement de domaine qu’elle dit avoir ressenti comme le passage du poème au récit. Le film qu’elle nous propose raconte les aventures d’une fille à l’imagination débordante et débridée, qui a pour principe de «toujours faire ce qu’elle n’ose pas faire » et d’aider les gens à se libérer de leurs angoisses d’adulte, à grands coups de gouache et d’enthousiasme.

Et que peut-on dire face à autant de couleurs et de fantaisie, utilisées, qui plus est, avec autant de bons sentiments ? Pour la réalisatrice, il semblerait que le dépassement du conformisme, de l’ordinaire dont on sait bien qu’il produit des personnes ternes, crispées, aigries, et plein de mauvaises choses encore, signifie quelque chose comme badigeonner le monde avec beaucoup de peinture aux couleurs éclatantes, sans pinceau, bien sûr, mais avec les doigts (voire la main entière !) de façon à libérer l’enfant avide d’insouciance et de délire polychrome qui sommeille en chacun de nous. Car Pepperminta, comme l’explique madame Rist, a pour ambition de « montrer aux gens que beaucoup de leurs soucis quotidiens sont inutiles. » Ah. Ben oui, puisque il suffit, pour s’en débarrasser, de se rouler dans un champ de fleurs ou de regarder le monde à travers un verre de couleur ! Youpi ! Alors si vous aussi vous ressentez le besoin urgent de jouer avec des plots multicolores ou les tapis d’éveil destinés aux nourrissons,  allez donc voir le premier film de cinéma de Pipilotti Rist, vous en serez ravis. Le scénario approximatif ne devrait pas vous gêner, ni son caractère binaire : étonnant noir et blanc pour un film qui entend éclater de couleur comme on se libère d’un complexe ou qu’on exprime un sentiment longtemps comprimé.

L’univers de Pepperminta est puéril, mais ce n’est pas un film pour les enfants, nous prévient la réalisatrices. Il s'agirait plutôt d'une version adulte de Fifi Brindacier. La preuve en est que la sexualité apparaît aussi dans cette œuvre, notamment par le sang menstruel que le personnage recueille dans une coupe, un « graal » dont la bande loufoque de Pepperminta boit pour se donner « de la force et du courage ». Si, si. Et n’oublions pas l’exclamation favorite de l’héroïne (qui, décidément, ne craint pas de nous bousculer dans nos pudeurs les plus compassées.)  : « Wir wollen den Himmel Ficken ! ». Nous voulons baiser le ciel ! N’est-ce pas magnifique de candeur, d’audace, bref de liberté ? »

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