






Réalisateur du très remarqué Precious (2008), Lee Daniels s’est cette fois-ci inspiré d’un polar psychologique du journaliste Pete Dexter, intitulé Paperboy. Un livre longtemps resté sur la table de chevet d’Almodóvar, mais qui finit par abandonner l’ambition d’en faire un film, jusqu’à ce que l’américain s’en empare et réécrive sa version.
On y suit deux journalistes du Miami Times qui enquêtent sur la mort d’un shérif en Floride et qui se demandent si le suspect, en cabane et risquant de passer sur la chaise, est vraiment coupable. On retrouve donc à nouveau la thématique de l’injustice sociale et plus particulièrement la sempiternelle problématique de la peine de mort. Outre deux-trois autres thèmes en vrac, comme ceux du racisme, de la condition des Noirs et de l’homosexualité dans les 60’s, Lee Daniels se distingue surtout par sa direction d’acteurs audacieuse et brillante. Il nous l’avait déjà démontré avec Precious et le confirme ici avec, notamment, une Nicole Kidman qui heurte et détonne complètement dans cet univers masculin et suintant.
La mise en scène de ce drame sudiste transpire, quant à elle, la moiteur et rend compte d’ambiances viscérales et pulsionnelles. Un cinéma qui se complaît dans les enchaînements d’événements paroxystiques et dans un jeu d’effets qui pourront susciter, chez certains, quelques haut-le-cœur. Bref, c’est parfois ampoulé et foutraque, mais cela permet, en même temps, de bien rendre compte du sujet, de cette noirceur constante et de ces personnages plein de vices, dégueulasses, au premier degré comme au second. Bref, c’est marécageux, mais ç'a aussi son charme bizarre et véreux.