






Il est des inconnus dont la détresse peut autant nous toucher que celle d'un proche. Inspiré d'un roman français, « Le Feu Follet » et d'une première adaptation cinématographique de Louis Malle (1963) le film de Joachim Trier suit un toxicomane en voie de guérison durant une journée.
Anders Danielsen Lie (ami du cinéaste sans aucune formation d'acteur) livre une prestation remarquable dans la peau d'un neurasthénique doué d'une lucidité déconcertante face à la vanité de la vie. Loin de vouloir jouer la carte du « toxico-martyr-au-bon-fond-à-qui-rien-ne-sourit », Oslo, 31 août distille de façon discrète les divers éléments nous montrant les raisons de l'abattement d'un homme qui a tout perdu et se sachant condamné à vivre dans le passé. Le personnage d'Anders suinte la solitude et le mal-être et la mise en scène accentue ceux-ci. Le film recèle de très belles scènes – une conversation entre amis de longue date, Anders seul sur une terrasse, saisissant à la dérobée les conversations insipides de clients enthousiastes – servies par une esthétique du documentaire qui ne fait qu'accentuer l'empathie que l'on ressent pour le personnage principal.
Un film qui amène à la réflexion et à l'auto-questionnement plus qu'il ne divertit, mais dont l'expérience est bien plus enrichissante que bon nombre des productions qui lui dament injustement le pion.