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A première vue, ce film semble surfer sur la vague écolo lancée par Yann Arthus-Bertrand et Nicolas Hulot. Comment pourrait-il donc se différencier de ceux-ci, et comment faire pour éviter la redondance du message ? Peut-être simplement en évitant d’accuser systématiquement le spectateur, et de le laisser tirer ses propres conclusions à partir des images qui lui sont montrées.
Jacques Perrin nous accompagne de sa voix le long d’un voyage au cœur des océans, puis nous y abandonne complètement, sans plus un seul commentaire, pour nous laisser apprécier le monde du silence. Il ne revient que pour quelques transitions, pour nous amener dans un autre lieu. Mais la plupart du temps, la narration se fait d’elle-même. On aperçoit les mésaventures d’un poisson, puis on assiste à son combat acharné contre un crabe… Certaines transitions sont d’ailleurs assez audacieuses, comme par exemple celle qui passe de l’espace plein d’étoiles aux particules d’eau.
A un moment précis, le narrateur apparaît à l’écran avec un enfant, parcourant un musée exposant des espèces disparues, le plus souvent par la main de l’Homme. Alors qu’il aurait été facile de tomber dans le cliché, le discours y est alors plus subtil et pertinent, et finalement marque bien plus.
Ce film a en même temps le malheur et la chance de sortir après plusieurs autres, et après les échecs des accords de Copenhague, car on peut se douter qu’il sera ignoré par beaucoup qui partiront du principe que tout a été dit et montré avec Home. Mais il ne faudrait pas se tromper, car Océans se révèle bien plus captivant et proche de la nature.
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